Poictiers corrige Sens
6. Sa piété et sa vigilance à Saint-Brieuc, ainsi que sa qualité de neveu de M. de. Pérétixe, alors archevêque de Paris, le tirent nommer,
respecté dans le clergé et dans le monde, et fort considéré à la cour'. Il étoit fort attaché à mon père1, étoit demeuré extrêmement de mes amis3, et n'avoit pas oublié que mon père avoit fait le sien major de Blaye4, qui fut lecommen-
le 19 janvier 1680, à Poitiers, qui avait été très négligé par les derniers évoques (Mémoires de Sourehes, tome I, p. 327), puis, le 13 novembre 1683, à l'archevêché de Sens, qui valait cinquante mille livres (Mémoire sur la généralité de Paris, publié en 1881, p. 42-45), mais sur lequel une pension de quatre mille livres fut réservée pour l'abbé de la Rochefoucauld, oncle du duc, cet abbé Tayau qui avait tant de bénéfices sans être dans les ordres (tome V, p. 130-131), et une autre de deux mille pour l'abbé d'Aubigny, le prétendu parent de Mme de Maintenon (ci-dessus, p. 77).
1. Il avait dit ailleurs (notice Coislin, dans les Écrits inédits, tome VI, p. 262) : « C'étoit un prélat qui honorait l'épiscopat, dont la vertu avoit fait la fortune, et qui étoit aimé et honoré de tout le monde, sans rien de farouche et d'austère, vivant même honnêtement avec les meilleures compagnies, mais fort assidu à son diocèse, à tous ses devoirs. » Tout dévoué aux jésuites, il était assez mal vu de son clergé et de la Sorbonne.
2. Comparez l'éloge qu'il fera de lui à sa mort : tome XII, p. 393.
3. Il a écrit : exlèmement, et amis surcharge un premier amis.
4. Philippe Fortin, sieur de la Hoguette, fils d'un président en l'élection de Falaise anobli en 1590, était né vers 1578, et débuta comme précepteur des enfants du duc de Longueville. Dans l'armée, il ne passa pas le grade de capitaine au régiment du maréchal de Saint-Luc ; mais il eut la place de sergent-major de Blaye en 1631 : voyez l'Appendice de notre tome I, p. 540, note 4. En cette qualité, il mena la noblesse volontaire à l'expédition de Biscaye, en 1639 (Gazette, p. 585). 11 avait épousé la sœur de Hardouin de Péréfixe, qui fut précepteur de Louis XIV, puis archevêque de Paris. C'était un lettré, doué d'un style nerveux, et plusieurs érudits du temps, Ménage, Peiresc, Pierre Dupuy, Daniel Huet, l'estimaient fort. M. Tamizcy de Larroque a publié en 1888 ses Lettres inédites à Pierre Dupuy, où il est souvent question de Claude de Saint-Simon et de Blaye, et, en 1884, un mémoire remarquable qu'il adressa à Louis XIII contre les favoris en général, et contre les Luynes en particulier, en 1620. Auparavant il n'était connu que pour son écrit intitulé : Testament ou Conseils fidèles d'un bon père à ses enfants, où sont contenus plusieurs raisonnements chrétiens, moraux et politiques, qui eut dix éditions et des traductions de 1648 à 1661, et par des Éléments de la politique selon les principes de la nature publiés en 1663. Il mourut dans un château de Saintonge auquel il avait donné son nom ;
cément de leur fortune1, qui avoit poussé la Hoguette, petit-fils de celui-là et fils du frère de l'archevêque2, à être premier sous-lieutenant des mousquetaires noirs et lieutenant général fort distingué '; il fut tué aux dernières campagnes de la dernière guerre d'Italie1, avoit épousé une femme" fort riche, fort dévote, fort glorieuse, fort dure, sèche et avare6, dont une seule fille, qui de voit être et fut
on ne sait à quelle date. Montrésor et Daniel Muet vantent beaucoup sa fidélité et en citent des preuves.
1 . A propos du refus modeste de Monsieur de Sens qui va être raconté, et à la suite du passage qui a été reproduit tout à l'heure, L'abbé le Gendre, confondant les deux générations, a dit (p. 104-10o) : « Son père, appelé Fortin, soi-disant sieur de la Hoguette, petite métairie de deux ou trois cents francs, étoit un bourgeois de Càen et président de l'élection, qui mérita par sa sagesse d'être sous-gouverneur des fils du duc de Longucville. Ce duc, qui vivoit en prince, ne voulant avoir que des nobles pour ses principaux officiers, obtint des lettres de noblesse pour le sous-gouverneur de ses fils. La Hoguette père étoit un homme de si bon sens, qu'on a imprimé plusieurs fois les leçons que, par testament, il a laissées à ses enfants. C'est M. de Péréfixe, leur oncle maternel, précepteur de Louis XIV, ensuite archevêque de Paris, qui les mit en route pour faire fortune. » Cela est infiniment plus vraisemblable que la version de notre auteur, qui cherche toujours à faire valoir le crédit et la générosité de son père.
2. Lisez : « (ils de celui-là et frère de l'archevêque, » comme dans la notice du duché de Coislim, citée tout à l'heure. Ici, évidemment, Saint-Simon, de même que l'abbé le Gendre, a confondu le père de ces Messieurs avec leur grand-père, le premier que l'on connût.
3. Charles Fortin, marquis de la Hoguette : tome I, p. 276. Macaulay a publié plusieurs lettres de lui à Louvois sur la campagne d'Irlande, et M. de Lort de Sérignan a donné sa relation du combat de la Boyne dans le livre intitulé : Guillaume III, p. 381-408. Catinat (Mémoires, tome 11, p. 229 et 523) le qualifiait de « bon citoyen. »
4. Il a parlé de sa mort en racontant la bataille de la Marsaille, en 1693, à l'endroit qui vient d'être indiqué.
5. Marie Bonneau de Rubelles, sœur de Mme de Villandry, nièce de Mine de Miramion et cousine germaine de la présidente de Nesmond, qui figurent l'une et l'autre dans notre tome III. Mariée le 11 septembre 1684, elle mourut à Paris, le 9 mars 1720, âgée de soixante deux ans. Elle était l'héritière du riche financier Mallier du Houssay.
6. Comparez le tome XVII, p. 41. Dangeau parle d'elle en termes meilleurs, an moment de sa mort (tome XVIII, p. 248), comme d'une
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en effet un grand parti1. C'étoit donc de quoi le rehausser que ce cordon bleu à son grand-oncle2 paternel, et le tenter de ne pas faire à cette nièce à marier la honte et le dommage d'un refus; mais la vérité fut plus forte en lui : il répondit avec modestie qu'il n'étoit pas en état de faire des preuves3, et refusa avec beaucoup de respect et de refemme de beaucoup de mérite, menant une vie édifiante dans la retraite et traitant fort bien la fille dont il va être parlé.
1. Voyez la suite des Mémoires, tomes IV, p. 56, et XVII, p. 40 et 41. Marie-Marguerite Fortin de la Hoguette épousera, le 8 janvier 1705, Louis-Armand de Brichanteau, ce charmant marquis de Nangis nommé dans notre tome III, p. 473, et que nous verrons faire une profonde impression sur Mme la duchesse de Bourgogne.