Lisez : oncle, pour la raison déjà dite
3. 11 a dit ailleurs : « A la rigueur, il aurait pu faire les preuves, qui sont si minces, qu'il aurait bien mieux valu n'en point demander, comme dans tous les autres grands ordres de l'Europe dont les statuts n'en demandent point, et qui, dans un nombre moindre de moitié pour la Toison, et des trois quarts pour la Jarretière et l'Éléphant, sont infiniment mieux conservés. •> (Notice du duché de Coislix, Écrits inédits, tome VI, p. 263.) L'article xv des statuts de l'Ordre exigeait que tout commandeur ou chevalier fût « gentilhomme de trois races paternelles pour le moins, sans être remarqué d'aucun cas reprochable, ni prévenu en justice. » Pour justifier de ces trois degrés, il fallait produire les contrats notariés, provisions originales, lettres royales, extraits des registres baptistaires; les étrangers seuls pouvaient ne fournir que des preuves testimoniales, signées des notabilités de leur pays et affirmant qu'ils étaient en mesure d'entrer dans tous les chapitres nobles. Voyez l'instruction ou mémoire imprimé en 1724, par Clairambault. Comme pour les preuves de Malte, il y avait bien des accommodements, et cela s'était passé ainsi de tout temps, on le voit dans un passage de Brantôme (édition Lalanne, tome V, p. 402-105). Le généalogiste de l'Ordre examinait les titres, en dressait un procès-verbal, et le présentait à la revision, ou plutôt à la signature de deux commissaires, chevaliers ou commandeurs de l'Ordre, délégués par le secrétaire, au nom du Boi, sur la désignation du futur chevalier. Nous avons déjà eu l'occasion de parler du rôle purement passif, et presque irresponsable, de ces commissaires; le duc de Luynes explique (tome VIII de ses Mémoires, p. 425- 426) comment ils opéraient. Outre les preuves de noblesse, il se faisait une information de religion, vie et mœurs chez l'évèque diocésain, par trois témoins, dont un ecclésiastique, comme pour la réception à la pairie. Le jour du chapitre, le chancelier de l'Ordre donnait une lecture
connoissance1. Ces Fortins en effet n'étoient rien du tout, et c'est au plus si ce major de Blaye avoit été anobli2. Ce n'est pas que Monsieur de Sens ne sentît le poids de ce 3 refus. Quoique savant appliqué, à la tête des affaires temporelles et ecclésiastiques du clergé, il étoit aussi homme du monde, voyoit chez lui à Fontainebleau, qui est du diocèse de Sens, la meilleure compagnie de la cour; il y donnoit à dîner tous les jours : grands seigneurs, ministres, tout y alloit, hors les femmes, et très souvent, les soirs qu'il ne soupoit jamais, compagnie distinguée et choisie à causer avec lui; et à Paris, quelques mois d'hiver, toujours dans les meilleures maisons. Mais il ne vouloit point dérober les grâces, ni se donner pour autre qu'il étoit*. Ce refus embarrassa le Roi, qui l'avoit déclaré
sommaire des preuves et informations, et remettait au Roi le cahier généalogique et héraldique concernant chaque chevalier, écrit sur parchemin. Le chapitre achevé, le chevalier nouveau entrait, et recevait d'abord l'ordre de Saint-Michel, puis celui du Saint-Esprit. — M. de Cosnac eut d'autant moins de peine à fournir les titres de quatorze générations, sans mésalliance, avec mention de deux siècles de plus, jusqu'en 1047, qu'il lui avait fallu, en 1697, prouver les seize quartiers de noblesse de sa nièce mariée au comte d'Egmont, en Flandre. Il prit pour commissaires le duc de Foix-Candalle, fils de celui avec qui il avait conclu la paix de Bordeaux en 1654, et le marquis de Dangcau. Ses preuves ont été insérées à la suite de ses Mémoires, tome II, p. 455 470 ; comparez tome I, p. cvm et 443-446, et tome II, p. 180-182.
1. L'abbé Ledieu parle de ce refus dans son Journal, tome 11, p. 183.
2. Il a écrit : annobli. — Nous avons vu que c'est le père du sergentmajor de Blaye qu'Henri IV , tout nouvellement moulé sur le trône, avait anobli en 1590. Quant au (ils, voici comment il est porté dans un rôle des gentilshommes de la généralité de Caen en 1640 (publié dans la Revue nobiliaire et historique, tome III, p. 515) : « La Hoguette appartient au sieur du lieu, homme de cœur et de service, sergent-maire dans Blaye, où il fait sa charge, et ne demeure en Normandie. Riche de trois mille livres de rente. Porte le nom de Fortin. »