‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 226 sur 548 · La première lettre de moins surcharge no [n] ou ne · texte numérisé non relu

La première lettre de moins surcharge no [n] ou ne

3. C'est le 12 septembre 16N3 (pie Jean Sobieski et le duc de Lorraine forcèrent les Turcs à lever le siège de Vienne, investi par deux cent mille hommes depuis deux mois. Les gazettes françaises eurent quelque peine à annoncer la défaite de ces Infidèles qui faisaient contrepoids à la puissance autrichienne. Voyez la Gazette, 1683, p. 366, 378, 389, 607, 608, etc.; le petit livre de J.-B. de Rocoles, publié l'année suivante à Leyde : Vienne deux fois assiégée par les Turcs...; les Anecdotes de Pologne, par Dalérac, tome I, p. 103 et suivantes; le livre xi des Mémoires de l'abbé de Choisy, et le dernier ouvrage publié à Prague, en 1883, pour le second centenaire de la délivrance : die Tùrken vor Wien im Iahr I6H3. Il est à remarquer que le Moréri fait honneur de la défense de Vienne au comte Courad-Balthazar de Stahrenberg, qui mourut en mai 1687, père de celui qui suit.

4. Erncst-Riïdiger, comte de Stahrenberg, d'une illustre famille de Styrie honorée du titre eomtal en 1634, de l'incolat bohémien en 1667, mourut le 4 juin 1701, à Wescndorf, près Vienne, âgé de soixante-quatre

• ans, étant maréchal de camp général, président du conseil de guerre, chambellan, colonel d'un régiment d'infanterie, et gouverneur de la capitale depuis vingt et un ans. Sa défense de Vienne, considérée comme très remarquable (Gazette, 1683, p. 389-621, passim), lui avait valu la dignité de maréchal de camp général, une place de conseiller d'État privé, avec cent mille thalers, et un collier de la Toison d'or (6 décembre 1683); niais son caractère violent et orgueilleux le brouilla bientôt avec Sobieski, et, blessé devant Bude, il quitta le service actif. C'est en janvier 169"2 que l'Empereur lui avait donné la présidence du conseil de guerre, à la place du prince Hermann de Bade. Le portrait que Villars traça de lui en 1689 (Mémoires, éd. Vogué, tome I, p. 437) donne à penser qu'en Autriche sa défense de Vienne ne semblait pas mériter tant d'éloges, et que même sa bravoure personnelle avait été plus dangereuse qu'utile.

reconnott le roi

d'Espagne.

étoit président du conseil de guerre, la plus belle et la plus importante charge de la cour de l'Empereur'.

Le roi d'Angleterre, qui n'oublioit rien pour redresser2 i/Angleterre promptement son ancienne grande alliance et la bien organiser contre nous, avoit peine à rajuster ensemble tant de pièces une fois désunies, et à trouver les fonds nécessaires à ses projets dans la disette d'argent où l'Empereur se trouvoit'. Il tâchoit donc d'amuser toujours le Roi des flatteuses espérances* d'une tranquillité que tout démentoit. Pour tenir toujours tout en suspens en attendant que ses machines fussent tout à fait prêtes5, il avoit engagé les Hollandois, qu'il gouvernoit pleinement", à reconnoitre le roi d'Espagne7, et, à la fin, il le reconnut

1. Imhof adonné la liste des membres du conseil de guerre en 1693, dans l'Appendice de la Notitia S. R. G. imperii procerum, p. 487. Après Stahrenberg, le prince de Bade ayant refusé la présidence, elle fut confiée au comte de Mansfeld, avec trente mille livres d'appointements, quoique le prince Eugène de Savoie fût regardé comme le plus digne de cet emploi (Mémoires de Villars, tome 1, p. 329 et 345; Gazette, 1701, p. 447).

2. Redresser est pris ici dans le sens de remettre sur pied, en activité.

3. Le parlement anglais, où les torys partisans de la paix avaient la majorité, lui créait toute sorte d'embarras {Journal de Dangeau, tome VIII, p. 43, 53, 55, 57, 81 et 84 ; Mémoires de Sourches, tome VII, p. 68; Villars, tome I, p. 324); quoique pressé par l'envoyé impérial, il ne put amener l'Angleterre à la guerre qu'insensiblement, sans qu'elle s'en doutât (Reynald, Louis XIV et Guillaume ///, tome II, p. 34*2-343). Voyez les pièces dans les Mémoires de Lamberty, tome I, p. 400-402, 455-47 -2 et 505-513.

Page 1