Les corrige la
4. Il fallut l'autorisation en forme du Boi pour que M. de Beauvillier acceptât cette grandesse, la première donnée en France, d'autant plus qu'elle était assise sur le duché de Saint-Aignan. Un brevet lui fut délivré en conséquence le 19 décembre 1701; on en trouvera le texte dans l'appendice XXII. Dans une Addition sur la grandesse donnée
ni.
298 M É.MO IKK S [ 1701]
Mariage déclaré Presque en même temps' le mariage du roi d'Espagne
du roi d'Kspagne avec la
de Savoie.
fut déclaré avec la seconde fille de M. de Savoie4, sœur fifle <Ju duc cadette de Mme la duchesse de Bourgogne, pour qui ce fut une grande joie3, comme un grand honneur et un grand avantage à Monsieur son père d'avoir pour gendres les deux, premiers et plus puissants rois de l'Europe*. Le
au prince de Chalais on 1711 (Journal de Dangeau, tome XV, p. 263), Saint-Simon a fait ressortir à combien d'abus dangereux pouvait conduire la « monstruosité » de cette ingérence d'un roi étranger <|ui venait jusqu'en France créer des ducs « sous une autre forme » et <■ faire acte de souverain terrien. » Lui-même cependant, quelques années plus tard, se résigna à solliciter une pareille faveur pour sa propre maison, comme récompense d'une ambassade de pure cérémonie.
1. Ke mardi 17 mai, « l'ordinaire de Madrid arriva le soir, fort tard. Le roi d'Espagne déclara, le 4, son mariage avec la princesse de Savoie ; on en a témoigné une grande joie dans Madrid. Elle s'appelle Marie- Louise comme la feue reine d'Espagne tille de Monsieur : ce qui augmente encore la joie des Espagnols, parce que la mémoire de cette reine est en grande vénération en Espagne. » (Dangeau, tome VIII, p. 103.) Selon la Gazette d'Amsterdam, n° su, la déclaration officielle avait eu lieu le 3 mai. Le 7, Philippe V adressa à Monsieur, grand-père maternel de la princesse, une demande en forme, dont le texte a été publié par M. de Scilhac, dans l'Abbé Dubois, tome I, p. 293-294. Sa lettre au Roi, du 10, et l'instruction de celui-ci, datée du 24, sont aux Affaires étrangères, voK Espagne 89, fol. 110 et 148.
2. Marie-Louise-Gabrielle, princesse de Piémont, âgée de treize ans, et dont le nom a déjà été prononcé en 1700 (tome Vil, p. *2o9).
3. « Cette princesse, dit Michelet (Histoire de France, tome XIV, p. 124), entrevit pour sa sœur le plus grand mariage du monde, celui du roi d'Espagne, et dit, avec sa feinte étourderie : » Ke Koi serait Lien « sot, s'il refusoit l'Espagne pour son petit-fils. » Voyez le même mot rapporté à Kouville par Saint-Simon, comme venant de la duchesse de Bourgogne, dans notre tome VII, p. 317, note 2. Dans les Mémoires secrets du même Kouville, il y a (tome I, p. 183) une lettre de la duchesse de Bourgogne à Philippe V, commençant par ces mots : « Votre Majesté ne saurait douter de ma joie, soit que je considère la grandeur du mariage de ma sœur, ou son bonheur personnel. »
4. C'était la seule princesse que Kouis \IV pût viser pour éviter une archiduchesse qui eût remis le jeune roi sous l'influence de la reine douairière ; M. d'Harcourt et Portocarrero pensaient de même, et. dès l'avènement, on avait fait faire par Tessé les premières ouvertures : voyez notre tome Vil. p. 370, noie ri, le recueil Hippeau, tome II. p. 309. 315, 380,
et les grands.
Roi crut fixer ce prince dans ses intérêts par de si hautes alliances redoublées, et par la confiance du commandement général en Italie1.
Le Roi aussi, pour mieux cimenter l'union des deux Égalité réglée couronnes et des deux nations, convint avec le roi d'Es- .en France
et en Espagne
pagne que les grands d'Espagne auroient désormais en entre les ducs France le rang, les honneurs, le traitement et les distinctions des ducs, et que, réciproquement, les ducs de France auroient en Espagne le rang, les honneurs, le traitement et les distinctions2 qu'y ont les grands3. Rien de mieux, ni de plus convenable, si on s'en étoit tenu là; on verra en son lieu ce que quelques grands d'Espagne
et la Correspondance générale de Mme de Mainlenon, lonic IV, p. 350.
1. Nous ne tarderons pas à voir cotte illusion se dissiper. De son côté, le duc Yietor-Amédéo, quoiqu'il eût songe à l'Archiduc pour sa tille, lit du mariage avec Philippe V une des premières conditions de son alliance (Dangeau, tome VIII, p. 37 et 71, et ci-dessus, p. "257); si l'on en croit les Mémoires de Noailles (p. 92), c'était afin de mieux dissimuler son projet de passer ensuite au parti opposé.