‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 240 sur 548 · Pluriel amené à tort par celui qui précède immédiatement · texte numérisé non relu

Pluriel amené à tort par celui qui précède immédiatement

7. Nous avons vu (tomes I, p. 71 et 73, V, p. 121, 259, 336 et 517, et VI, p. 296, note) que Monsieur jouait très gros jeu et que son entourage ordinaire étail principalement composé de joueurs qui le prenaient

ses autres dépenses, et sur bien d'autres choses, souffroit avec patience ses fréquents entretiens, et il y réfléchissoit beaucoup. Il en devint triste, abattu, et parla moins qu'à l'ordinaire, c'est-à-dire encore comme trois ou quatre femmes1, en sorte que tout le monde s'aperçut bientôt de ce grand changement2. C'en étoit bien à la fois que ces peines intérieures, et les extérieures du côté du Roi, pour un homme aussi foible que Monsieur, et aussi nouveau à se contraindre, à être fâché, et à le soutenir; et il étoit difficile que cela ne fit bientôt une grande révolution dans un corps aussi plein, et aussi grand mangeur, non seulement à ses repas, mais presque toute la journée3. Forte prise b,e mercredi 8 juin*, Monsieur vint de Saint-Cloud dîner

du Roi avec le Roi à Marly, et, à son ordinaire, entra dans son \Md S'-S S80] cahinet lorsque le conseil d'Etat en sortit. Il trouva le Roi chagrin de ceux5 que M. de Chartres donnoit exprès à sa fille, ne pouvant se prendre à lui directement6. Il étoit

pour patron, parfois aussi pour dupe: le Roi même avait été obligé do

taire venir quelques-uns de ceux-ci à Mails, pour amuser son frère (Œuvres de Louis XIV, tome IV, p. 443). Une fois, eu lo'TN, ayant perdu cent mille écus à la bassette contre Dangeau, Langlée et autres, il eût été obligé de vendre sa vaisselle d'or, son balustre d'argent et une partie de ses pierreries, si un dévoue valet de chambre ne l'avait tiré d'embarras {Lettres de Mme de Sévigné, tome V, p. 507 ; Correspondance de Bussy, tome II, p. 345). En 1687, il lit encore de telles pertes, qu'on crut qu'il renoncerait cette fois au jeu (Dangeau, tome 11. p. SI |. 4. Ci-après, p. 340.

2. Le Mercure, dans l'article nécrologique qu'il lui consacra au mois de juin 4704, p. 287-294, signala des accès de dévotion venus du pressentiment d'une tin prochaine, tandis qu'en lti9b' {Lettres de Madame, recueil Rolland, p. 458), il disait à sa femme et à son (ils que, commençant à vieillir, il voulait employer ses derniers jours au plaisir, et que ceux qui lui survivraient seraient libres de vivre à leur guise.

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