‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 292 sur 548 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. La Fare, qui a raconté dans un chapitre spécial (Mémoires, éd. Michaud et Poujoulat, p. 268) toute l'histoire des intrigues où Madame fut mêlée, et de sa mort tragique, s'exprime ainsi : « Philippe de France,... jeune, beau, et qui aimoit les plaisirs, commença par être amoureux de sa femme, qui, quoique un peu bossue, avoit, non seulement dans l'esprit, mais même dans sa personne, tous les agréments imaginables; mais, comme ce prince n'étoit pas destiné à n'aimer que les femmes, la violence de cette passion dura peu, et, quoiqu'il ait eu toute sa vie beaucoup de commerce avec ce sexe, je doute qu'il en ait jamais eu d'autre. » Comparez les portraits qu'ont laissés de cette princesse Mademoiselle (tome III, p. 510-511), Mme de Motteville (tome IV, p. 256), Mme de la Fayette (p. 181), Daniel de Cosnac (tome I, p. 420-421), l'abbé de Choisy (tome II, p. 56-57), Mme de Brégy (Galerie des portraits de Mademoiselle, éd. de Barthélémy, 1860, p. 23), etc., et voyez, au musée de Versailles, n° 3503, le tableau de réception que fit en 1664 le peintre Antoine Mathieu père, où Henriette d'Angleterre tient un bouclier orné du portrait de Monsieur.

3. Cette arrestation, dont l'occasion a été dite ci-dessus (p. 343, note 1), fut faite le 30 janvier 1670 : voyez les documents dans les Archives de la Bastille, tome IV, p. 23-30, et comparez le Journal d'Olirier d'Ormesson, tome II, p. 581 et 584, les Lettres de Jean Chapelain,

voquer un ordre qui le mettoit au dernier désespoir . Il ne put y réussir : il entra en fureur, et s'en alla à Villers- Cotterets1. Après avoir bien jeté feu et flammes contre le Roi et2 contre Madame, qui protestoit toujours qu'elle n'y avoit point de part, il ne put soutenir longtemps le personnage de mécontent pour une chose si publiquement honteuse3. Le Roi se prêta à le contenter d'ailleurs, il eut de l'argent, des compliments, des amitiés; il revint le cœur fort gros, et peu à peu vécut à l'ordinaire avec le Roi et Madame'. D'Effiat, homme d'un esprit hardi, pre-

tome II, p. 676, les Mémoires de Mademoiselle, tome IV, p. 85-90, ceux fie Daniel de Cosnac, tome I, p. 403, ceux de In Fare, p. 269, ceux de l'abbé de Choisi), tome 11, p. 72, les Liées ofthe princesses of England, tome VI, p. 529-537, et le livre du comte de Bâillon, p. 376-383.

1. La correspondance anglaise traduite dans les Archives de la Bastille (p. 24) raconte ainsi cette scène: « Quand le duc d'Orléans l'apprit (l'emprisonnement de son favori), il en fut si transporté de colore, qu'il alla trouver le Roi, le brava, et lui dit que jamais il ne voulait taire quelque chose, qu'il ne fût contrarié ; qu'il était las, pour sa part, d'une vie pareille, et qu'il quitterait la cour. Ensuite il ordonna de préparer son carrosse, que les gardes se tinssent prêts à marcher, et, le soir même, il quitta la cour (de Saint-Germain) et s'en vint à Paris. Aujourd'hui il compte se retirer à Villers-Cotterets, maison que le Roi lui a

prêtée. Mais je présume qu'on l'apaisera, car le Roi lui a fait écrire »

La lettre que Monsieur adressa alors à Colbert, pour lui exposer ses griefs, a été imprimée en 1791, par Soulavie, dans son édition des Œuvres complètes de Saint-Simon, tome III, p. 223-226, puis, en 1806, par Grouvelle ou par Grimoard, dans les Œuvres de Louis X1Y, tome \. p. 461- 463, et, plus correctement, en 1843, par Champollion-Figeac, dan> les Documents extraits de la Bibliothèque, tome II, p. 513-515. — Le rapport anglais fait une erreur : Villers-Cotterets, son château et sa forêt faisaient régulièrement partie du duché de Valois, et par conséquent de l'apanage de Monsieur, qui y avait reçu souvent la cour. Voyez la Muse historique de Loret, tome III, p. 563, etc.

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