‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 293 sur 548 · Cet et est en interligne · texte numérisé non relu

Cet et est en interligne

3. Effectivement cette querelle fit tant de bruit, que le Roi crut devoir s'en expliquer à ses ambassadeurs et rassurer le public sur les conséquences : on n'eût pas manqué, en Hollande ou à Londres, de les exagérer. En même temps, pour marquer sa ferme intention de sévir, il faisait transférer le prisonnier à Pierre-Encise, et de là au château d'If.

4. C'est au bout de vingt-cinq jours seulement que, cédanl aux pro-

mier écu ver Me Monsieur2, et le comte de Beuvron3, homme [Add. S'-S. 386] liant et doux, mais qui vouloit figurer chez Monsieur, dont il étoit capitaine des gardes, et surtout * tirer de l'argent pour se faire riche, en cadet de Normandie fort pauvre, étoient étroitement liés avec le chevalier de Lorraine, dont l'absence nuisoit fort à leurs affaires, et leur faisoit appréhender que quelque autre mignon ne prit sa place, duquel ils ne s'aideroient pas si bien. Pas un des trois n'espéroit la fin de cet exil à la faveur où ils voyoient Madame, quicommençoit même à entrer dans les affaires, et à qui le Roi venoit de faire faire un voyage mystérieux en Angleterre, où elle avoit parfaitement réussi, et en venoit de revenir plus triomphante que jamais3. Elle étoit de

messes de Madame, aux conseils des agents du roi d'Angleterre et aux instances habiles de Colbert, envoyé par le Roi, Monsieur se décida à revenir, et l'honneur de ce succès fut reporté en grande partie au compte de Madame. Leur retour à Paris fut annoncé par la Gazette et notifié à l'étranger. La principale stipulation était que le chevalier de Lorraine sortirait de prison, mais s'en irait à Rome.

Page 1