Chamillart secrétaire d'Étal de la guerre. (Page 1G
8 janvier 1701. — Chamillart venoit d'être fait ministre. Il est encore douteux si la douleur outre5 toute mesure, que Barbezieux conçut de ne l'être pas en même temps, eut plus de part à sa mort si prompte qu'une débauche qu'on prétend qu'il alla faire à l'Étang pour s'étourdir. Chamillart fit ce qu'il put pour être déchargé des finances devenant secrétaire d'État de la guerre; mais le Roi, qui se plaisoit aux créations et aux formations de ministres, ne le voulut jamais, d'autant plus qu'il avoit toujours été fatigué des querelles du contrôleur général et du secrétaire d'État de la guerre, qui ne pouvoient plus avoir lieu ces deux places se trouvant réunies. Mais chacune avoit de quoi occuper seule le plus habile ministre.
317. Saini-Pouenge, premier commis de la guerre. (Pages 19-20.)
28 juillet 1691. — .... A l'égard de Saint-Pouenge3, il étoit secrétaire du cabinet, et travailla toute sa vie sous M. de Louvois, dont il fut le premier de tous les commis, mais avec une autorité et une distinction qui le rendit un échappé de ministre, avec lequel tout militaire, quel qu'il fût, avoit à compter. C'étoit un bonhomme obligeant, sûr et bon ami, de peu d'esprit et d'une gloire insupportable en tout genre, qui lui sortoit de partout ; fort bien fait, et fort débauché aussi. C'étoit lui qui travailloit avec le Roi en l'absence de M. de Louvois, qui avoit la confiance de tous les projets, qui lui avoit acquis celle du Roi. Lui et son frère, mais lui surtout, étoient fort mêlés dans les bonnes compagnies de la cour, où ils firent une sorte de personnage. Il devint le directeur des premiers temps de M. de Barbezieux, à la mort de M. de Louvois, par ordre du Roi et par le désir de la famille. Sur la fin de sa vie, plus considéré qu'aimé de Barbezieux, il quitta son emploi et obtint la charge de grand trésorier de l'Ordre, dont il étoit intendant depui longtemps, qui est une des petites charges, mais dont il portoit mal