Correspondant à l'Addition n° 380, ci-dessus
38i. Traitement ries ducs aux obsèques de Monsieur. (Page 368.)
13 juin 1701. — Voilà la première fois que les ducs sont traités de la sorte1. Ils avoient déjà eu le déchet, à la mort de Mme la Dauphine de Bavière, detre précédés à l'eau bénite par MM. de Vendôme; mais ils y vinrent avec Monsieur et les princes du sang, chez lesquels tous s'assemblèrent, et le goupillon leur fut présenté avec le carreau, comme aux princes du sang, et des mêmes mains. Ici, le Roi, qui ne songooit qu'à la grandeur des bâtards, se servit de la compétente de la maison de Lorraine, qui n'en avoit jamais prétendu en ces cérémonies, et, sous prétexte de ne rien décider, finit le cérémonial à M. de Vendôme, et en exclut les ducs; il en fut de même pour les duchesses. Dangeau passe légèrement sur l'arrangement des carrosses, où les duchesses eurent l'avantage, quoique avec quelque mélange des princesses. Ce fut encore la première fois que toutes les princesses du sang allèrent ensemble dans le carrosse de la première princesse. Elles avoient toujours été partagées entre les carrosses en sorte qu'autant que leur nombre le permettent il y en avoit une dans chacun, même les petites-tilles de France.
385. Mort de Madame première femme de Monsieur. (Page 370 2.)
3 octobre 1716. — D'Effiat étoit petit-fils du maréchal d'Effiat lils du frère aîné de Cinq-Mars, grand écuyer de France, exécuté à Lyon avec M. de Thou fils du célèbre historien et petit-fils du premier président du parlement de Paris. D'Effiat étoit chevalier de l'Ordre et premier écuyer de M. le duc d'Orléans, après l'avoir été de Monsieur. C'étoit un homme de beaucoup d'esprit, grand chasseur et fort sobre, mais sans âme et parfaitement scélérat. Il étoit intimement uni de tout temps avec M. le chevalier de Lorraine, qui gouvernoit Monsieur, à qui son aimable figure avoit donné sur lui un tel empire, qu'il le gouverna le reste de sa vie. Madame, première femme de Monsieur3, le fit chasser; il s'en alla à Rome, où, désespérant de sa fortune tant que Madame vivroit, il envoya un poison à d'Effiat, que celui-ci jeta adroitement dans un pot d'eau que les garçons de la chambre de Madame tenoient dans une de ses antichambres, à Saint-Cloud, dans une armoire, pour l'avoir sous leur main pour Madame. Un d'eux y surprit d'Effiat, que le hasard avoit fait trouver seul dans cette antichambre après le dîner, et lui demanda avec émotion ce qu'il faisoit dans cette armoire.
1. Le Roi avait réglé que le cérémonial d'appel nominal s'arrêterait au duc de Vendôme et à la duchesse de Verneuil.