C11AMILLART FAIT SECRÉTAIRE D'ÉTAT DE LA GUERRE
(Extrait du Mercure galant'1.)
« M. de Cbamillart ayant eu l'honneur, avant son élévation aux dignités dont il est pourvu, d'approcher pendant quelques années la personne du Roi, et ce prince pénétrant par ses vives lumières ce qui se passe dans le fond du cœur de ceux à qui il veut bien permettre de le voir de près, jugea dès lors que son extrême sagesse et sa grande intégrité le rendraient un jour capable des emplois qui demandent la plus grande confiance. Les affaires pressantes de la dernière guerre l'ayant obligé de créer de nouvelles charges d'intendants des finances, S. M., qui n'a pas besoin qu'on la fasse souvenir dans l'occasion des personnes qui ont mérité l'honneur de sou estime, et qui sont capables de servir l'Etat, fit connoitre qu'elle souhaitent qu'on gardât une de ces nouvelles charges pour M. de Cbamillart, qui étoit alors l'intendant de Normandie. Il fut pourvu, quelque temps après, de l'une de ces nouvelles charges, et l'exerça d'une manière qui pouvoit servir de modèle à tous ceux qui possédoient des emplois si épineux : de sorte que, la place de contrôleur général étant venue à vaquer, le public, qui savoit le désintéressement de M. de Chamillart, ses manières douces et honnêtes, et sa pénétration dans les finances, lui souhaita cette place. S. M., qui ignorait les va^ux de la cour et du peuple, mais qui eonnoissoit mieux que personne le mérite de ce nouvel intendant, ne balança point à l'élever à ce poste. Ce choix fut généralement applaudi. Le Roi aurait pu le nommer dès lors ministre d'Etat ; mais, voulant savoir encore plus à fond jusqu'où alloit son esprit, S. M. ne l'admit qu'après plus d'une année dans les conseils où les choses (pu s'y décident en dernier