‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 346 sur 548 · Chapeaux d 'évêques et de cardinaux · texte numérisé non relu

Chapeaux d 'évêques et de cardinaux

2. L'écusson était sommé d'une tiare en vertu de la même concession, disait-on, du pape Calixte II qui avait autorisé Sibaud de Clermont à prendre pour armes les clefs du saint-siège, avec la devise : Si omnes le negaverinl . ego le niinquam negabo. C'est grâce à Sibaud que Calixte II avait triomphé de l'antipape Grégoire VIII.

3. On connaît le fer qu'il faisait frapper sur ses livres : Guigard, Arniorinl du bibliopliile, tome I, p. (60.

4. C'est sous ses auspices que le président Cousin avait donné au public, en 1698, une Histoire de plusieurs saint» et saillies des maisons des eomles île Tonnerre et de Clermont. L'auteur avait même fait entendre que les matériaux de ce livre venaient de Monsieur de Noyon. D'ailleurs, celui-ci s'exprima en ces termes, dans une lettre au P. MSbillon : « L'ouvrage... a pris sa naissance, son progrès et sa couronne dans le sanctuaire de votre ordre, et je me sentois obligé d'en faire remonter les ruisseaux à la source pour me décharger du poids de la reconnoissance.... » (Emmanuel de Broglie, Mabillon et la société de l'abbaye Saiiit-Germain-des-I'rés, tome I, p. 232-233.) Le P. Léonard et ses amis croyaient même que c'était une œuvre personnelle du prélat, et qu'il avait fait imprimer sur le titre : a maisons souveraines, « mais que le Chancelier lui avait fait supprimer ce qualificatif impudent.

5. Il avait eu d'abord Saint-Martin de Tonnerre ; l'abbaye de Laon qui portait le même vocable, et qui était aussi de l'ordre de Prémontré, lui fut donnée au retour de la campagne de Hollande, pour le remercier d'avoir fourni des chevaux au Roi; mais, comme elle était en règle, Rome refusa de délivrer les bulles, et il ne joui! des revenus que par arrêt du Conseil

9 En IMS.

ï.tt APPENDICE V.

« petit Pontchartrain, vous rue manquez de respect. » Pontcbartrain, à son tour, fut plus étonné que l'autre ; mais il fut plus sage : il se jeta à son cordon, arrêta tout court, fit des excuses, et gronda fort ses gens. Monsieur de Noyon, bouffant de colère, reçut tout cela assez médiocrement, et passa, laissant le contrôleur général derrière, qui n'osa plus le dépasser qu'en largeur de chemin où il n'y arien à reprendre. Cette aventure se sut, et celle subite imagination de partager ce nom en trois et qui finit en petit train, donna fort à rire. Le prélat en eut toujours de la complaisance, el on se divertissoil à lui en parler. Cela ne les brouilla pourtant pas le moins du monde, tant le contrôleur général fut modeste et mesuré. Mais, longtemps après, il fit pis à sa femme, et à propos de rien; je dis longtemps, car sou mari étoit alors chancelier de France1. Monsieur de Noyon alla voir Mme la Chancelière une aprèsdinée. C'étoit à Versailles-, et il y avoit assez de monde; sa belle-fille étoit avec elle, qui étoit la Rochefoucauld, sœur du comte de Roucj *. Fendant la visite, elles ne furent occupées que de Monsieur de Noyon, comme on l'étoit partout, et, dans la vérité, il ne donnoit pas le temps de ne l'être pas. La visite finit, et les deux dames à le conduire. Compliments, mais assez légers de sa part. Comme ils furent à la porte de la chambre, Monsieur de Noyon se tourne, et, regardant Mme de Pontchartrain d'un air d'autorité : « Madame, lui dit-il, vous êtes ma cou- « sine, et de bonne maison; allez-vous-en; en voilà assez, je ne veux « pas que vous alliez plus loin; » et tout de suite à la Chancelière : « Pour vous, Madame, vous pouvez venir1. » Jamais deux personnes ne demeurèrent si interdites, ni si rouges; elles s'avancèrent pourtant encore. Monsieur de Noyon repoussa Mme de Pontchartrain. qui demeura où elle se trouva, piquée sur ses jambes de honte et d'embarras. La pauvre belle-mère crevoit, mais ne vouloit pas faire de scène, et -■• traîna comme elle put, s'avançant toujours. A la fin, Monsieur de Noyon gagna le devant, et la Chancelière le laissa. Ce fut une autre scène que le retour à la compagnie; mais ce fut une scène muette. C'étoit l'été, point de paravent, et tout le monde avoit tout vu et tout entendu; chacun baissoit les yeux, et il y avoit bien quelqu'un qui en avoit bien envie de rire8. Cette aventure avoit élé trop publique pour demeurer secrète, et. les Pontchartrain furent aussi sages sur celle-ci qu'ils l'avoient été sur l'autre. C'étoit un homme avec qui personne n'étoit en sûreté sur ces sortes de choses, et qui y étoit si accoutumé, qu'il en étoit gâté. On ne finirait point à en raconter. On verra pis de lui à Monsieur le Prince en même genre, et il l'emporta6.

1. Après 1699. Comparez l'Addition n° 57, dans notre tome I, p. :;TT

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