C'est en 1733 que se firent ces translations
6. Recueil Geffroy, tome I, p. "4-"6. Voyez les deux autres lettres reproduites dans l'appendice précédent, p. 454
grands-pères, do l'identité des deux noms (elle signait alors : Aubigny), etc. En 1678, elle faillit acheter la terre d'Aubigné-Briand et les ruines du vieux château. Mais c'est seulement en 1G82 qu'elle fit connaissance avec le marquis et l'abbé d'Aubigny de Tigny, et il n'était encore question ni de Saint- Cyr, ni de Godet des Marais. Une lettre à son frère, datée du 28 mai de cette année-là, précise l'époque. MM. de Tigny l'excitèrent alors à une revendication en règle. « Ils m'ont instruite de notre maison, écrivait-elle; c'est apprendre bien tard qui on est; mais cela n'est jamais indifférent, et je n'ai pu voir sans plaisir une généalogie de quatre cents ans, très bien suivie par des contrats de mariage, et l'endroit où nous sommes séparés — » Du même coup, les deux frères insinuaient que leurs vieilles seigneuries d'Anjou, Aubigné, Sainte-Gemme, la Jousselinière, étaient à vendre, et qu'il valait mieux les acheter que ces fiefs de Poitou mis également en décret par suite de la persécution contre les religionnaires; la dot bourgeoise de Mme d'Aubigné, née Piètre, eût trouvé là un bon emploi. En 1683, l'abbé d'Aubigny dressa une généalogie commune des deux familles pour l'édification de d'Hozier; elle lui valut deux mille livres de pension sur l'archevêché de Sens, en 1685, puis, en 1686, l'abbaye de Pothières*, et servit en 1688 pour les preuves de Charles d'Aubigné, désigné chevalier des ordres du Roi. Sur les sollicitations de Mme de Maintenon elle-même. d'Hozier établit la filiation en conformité de cette généalogie, quoique l'estimant «très vilaine, » et les preuves furent validées par le visa de Claude de Saint-Simon et de M. de Beringhen 2. Mais, si certains courtisans, comme Dangeau, affectèrent de croire à leur authenticité, les généalogistes sérieux n'en tinrent point compte, et, en première ligne, les continuateurs du P. Anselme, qui n'ont donné (tome II, 1726, p. 446) que la filiation des seigneurs d'Aubigné- Bricnt (sic), avec cette phrase de préambule : « Il n'y a presque point de province en France où l'on ne trouve des gentilshommes du nom d'Aubigné et d'Aubigny; mais ils ont tous des armes différentes. Celles des seigneurs d'Aubigné en Anjou ont toujours été : de gueules au lion d'hermines, couronné, armé et lampassé d'or. » Déjà5 j'ai indiqué que les principaux documents relatifs à cette affaire avaient été publiés par M. Sandret et par feu M. Henri Bordier. Depuis, ils ont été réunis par ce dernier dans le tome 1 de la nouvelle édition de la France protestante.