Sainte-Beuve, Port-Royal, tome VI, p. 55 et suivantes
fi. Ci-dessus, p. 85-86. 11 avait cependant commencé par être inquiet de la faiblesse de Boileau et du P. de la Tour, et par avoir avec eux des explications fort vives.
7. Noies sur Boileau, par M. Tamizey de I.arroque, p. 33-34 ; Poil-Royal, tome III, p. 362-363.
du mysticisme compromettant de Mme Guyon1, et peut-être croironsnous, avec la Question curieuse*, cpie, se considérant comme le compatriote de Rose, il n'eût pas été fâché de doter son pays d'une sainte.
Si Boileau fut de tout temps le conseiller intime de la Béate, il est certain que le P. de la Tour ne contribua pas moins à lui amener des adeptes, quoique Saint-Simon n'ait point parlé de lui. Pendant un temps, il fut « comme fou d'elle3. » Suspect, lui aussi, de jansénisme, « c'està-dire régulier, exact, étroit dans sa conduite, studieux, pénitent, » admirable « de sagesse, de conduite et de gouvernement, » politique si habile que jamais les jésuites ne purent le prendre en faute4, inspirant toute confiance à M. de Noailles par sa capacité et son autorité dans une maison « si brillamment solide eu savoir et en piété8, » il tomba cependant dans les filets de la paysanne de Lagnac, et il y fit tomber avec lui plusieurs de ces âmes d'élite qui avaient toute confiance dans son infaillibilité. De même qu'on l'a vu6 insister auprès de Boileau pour la présentation de quelque dame de distinction, de même Saint-Simon, plus tard, lui reprochera d'avoir induit le cardinal de Noailles à faire une fausse manœuvre dans l'affaire de la Constitution7. Le P. de la Tour avait été le supérieur de Duguet à l'Oratoire, au temps des incomparables succès de Duguet dans le faubourg Saint-Jacques; mais, tandis que. le Père devenait chef de la grande congrégation et prenait une des premières places dans le monde de l'Église, Duguet avait été réduit presque à vivre en cachette, et il n'était plus que le directeur secret de toute cette haute société de femmes qu' « un je ne sais quoi de distingué, de respectueux, de poli, au milieu de toutes ses qualités chrétiennes, » lui avait gagnées à jamais8. Saint-Simon causait souvent avec le P. de la Tour9.
Les trois prêtres ainsi associés à l'œuvre de la sœur Rose se retrouveront bientôt, également unis, dans les affaires du jansénisme et de Quesnel, et Fénelon réclamera alors contre ce même trio toutes les sévérités de la cour10.
C'est par eux que le comte du Charmel dut venir à la sœur Rose.
1. Voyez notre tome VI, p. 101, note 2; Correspondance de Fénelon, tome VII, p. 312-317, 319-332 et 337-340; Port-Royal, tomes III, p. 362, et VI, p. 59.