Ci-dessus, p. 465-168 et
7. Voyez l'explication qu'en donne Sainte-Beuve : Port-Royal, tome VI, p. 70.
8. Port-Royal, tome VI, p. 3-12. — 9. Mémoires, tome XV, p. 298.
11). « Si on peut trouver des gens comme M. Boileau, M. Duguet et. le P. de la Tour dans les papiers saisis à Bruxelles (chez le P. Quesnel), il faut les écarter et ôter toute ressource de conseil à M. le cardinal de Noailles. >> (Fénelon à l'abbé de Langecon, 1 juin 1703.)
Nous le connaissons déjà comme habitué de la Trappe1, « homme d'une grande dureté pour soi, d'un esprit au-dessous du médiocre, qui
s'entètoit aisément, et qui ne revendit pas de même, de beaucoup de zèle, qui n'étoit pas trop réglé, mais d'une grande fidélité à sa pénitence, à ses œuvres, et qui se jetoit la tète la première dans tout ce qu'il croyoit de meilleur.... » Avec cela, admirant Boileau jusqu'à lui sacrifier le vénérable cardinal de Noailles2. Du Gharmel, qui se chargea sans hésitation de publier le manifeste le plus complet sur les miracles de la sœur Rose, est apparemment l'intermédiaire qui mit Saint-Simon en rapport avec elle, et nous verrons tout à l'heure ce qui faillit s'ensuivre. Peut-être aussi Boileau et lui entrainèrent-ils à leur suite quelques-uns des familiers de cet hôtel de Luynesoù ils prenaient asile; mais je n'ai pas rencontré d'autre nom que celui du comte de Xaintraillcs, l'homme « au propos moral et sentencieux, » qui, suivant Saint-Simon'5, avait pour principal mérite de jouer supérieurement au trictac ou à d'autres jeux, mais dont cependant Fénelon estimait assez haut le très bon esprit, la réputation excellente et la religion profonde, alliée à l'usage du monde, pour lui confier son neveu4.
Comme laïques encore, il y eut un M. de la Monnerye, capitaine au régiment du Roi, qui vit la sœur Rose chez les trappistes5, et peut-être le marquis de Saint-Palais.
Mais aucun de ces Messieurs n'eut un rôle comparable à celui du pauvre chevalier de Condé6, le cavalier servant, le patito, qui, seul, resta fidèle jusqu'à la fin, jusqu'à l'exil, jusqu'à la mort7, tandis que les chefs du parti laissaient l'oubli se faire sur leur erreur.
Quand j'aurai nommé encore trois ou quatre hommes d'Église, le P. Clavel, jacobin, et le P. le Clerc, qui furent des sectateurs très fervents, l'abbé de la Carde, adepte de la première heure, l'abbé Dejean, chanoine de Saint-Sernin de Toulouse, fils d'un collègue de M. de Paraza au parlement de cette ville, et M. Bigot, prêtre de Lyon, dont Rose fit un bon trappiste, ce sera tout, au moins pour les gens marquants.
Comment une femme de rien arriva-t-elle à leur imposer son prosélytisme, à conquérir des adhérents dévoués dans des classes dont elle était si éloignée, et à faire d'eux ses apôtres? On est obligé de supposer qu'elle ne manquait point d'intelligence, que même elle finit par acquérir, grâce à des contacts prolongés, une éducation qui lui manquait dans le principe. Mais qu'une pareille personne pût se substituer aux directeurs en titre ; qu'elle agît avec autant de succès sur les gens d'Église que sur les gens du monde ; qu'elle gouvernât des