Ci-après, p. 47:;, 477 et 470. — 7. Ci-dessus, p
esprits raffinés, des penseurs, des écrivains, des femmes du monde ; qu'elle gourmandàt les prêtres de leur mollesse et de leur inconduite, ou défendit aux laïques de placer leur confiance dans les Pères de la Compagnie de Jésus et leur fixât des temps pour la communion — à des intervalles très éloignés; — qu'elle interdit aux uns de dire la messe, de boire du vin ou de cumuler les bénéfices, les forçât même à démissionner, et persuadât aux autres d'entrer en religion; qu'elle dogmatisât et soutint avec autant de verve que d'assurance les discussions, les conversations, les correspondances épistolaires : voilà ce qui mettait hors de lui l'auteur de la Question curieuse. Citons quelques cas; on va voir apparaître le nom de Saint-Simon1.
« La sœur Kose fait le métier de marier; c'est elle qui a marié M. de
Paraza avec Mlle de Beaulieu, et qui a si bien dorloté M. l'abbé****, qui est naturellement ennemi de ces sortes de négociations, qu'elle l'a obligé de travailler à ce mariage et de faire plusieurs démarches aux Nouvelles- Converties et ailleurs pour y réussir, l'assurant de la part de Dieu, car c'est ainsi qu'elle parle ordinairement, que ce sacrement étoit nécessaire à ce conseiller dans le dessein qu'il avoit de se sauver.
■< Elle s'est mise sur le pied de diriger tous ceux qui la veulent écouter. M. de Paraza a une si entière confiance en elle, qu'il suit aveuglément ses avis, en reconnoissance de ce qu'elle l'a marié et de ce qu'elle a persuadé à son frère l'abbé de Jougla de se faire moine de la Trappe, jusque-là que, tandis qu'il a demeuré à Paris, le dernier voyage qu'il y a fait, et qu'elle étoit à Vibraye3, il lui a laissé le soin de son équipage et lui eu a abandonné la disposition absolue, pendant qu'il alloit à pied sur le pavé de Paris. Elle prend un tel ascendant sur l'esprit de ceux qu'elle dirige, et elle s'en rend si fort la maîtresse, que M. *** (en marge : Il faut que ce soit M. de Vibraye ou M. de Harlay), qui la traitoit, il y a un au, de sorcière, etc., est aujourd'hui si fort enthousiasmé de sa direction, qu'il dit que, si elle lui commandoit de se jeter du haut d'une fenêtre en bas, il s'y jetterait sans hésiter.
« Le chevalier de Gondé la considère comme sa directrice spirituelle, et c'est pour cela qu'il l'appelle sa petite mère, et que, de sou côté, elle l'appelle son /ils, qu'il n'a rien de secret pour elle, et qu'il se conduit par ses conseils. Elle a dirigé six mois l'abbé de Jougla avant qu'il entrât à la Trappe, et presque neuf mois M. Bigot, prêtre de Lyon, qui est présentement au Noviciat de la Trappe. Elle a conseillé à ce dernier de prendre L'habit, avec assurance qu'il persévérerait dans la vocation qu'elle lui a inspirée. 11 y a plus d'un an qu'elle dirige l'abbé de J*** (en marge : L'abbé Dejean, fils d'un conseiller de Toulouse) dans la même vue ; mais le peu de santé qu'il a rendra sa direction inutile, malgré toutes les purges qu'elle lui a fait prendre.