Ms. 19855, p. 3-2. — 4. Ci-après, p
:;. Ms. 18832, fol. 50. — 6. Fol. 50 et 5t. Voyez ci-après, p. 506.
De doctrine particulière, p:is davantage, nous a dit Saint-Simon ', si ce n'est qu'elle se montrait « fort, opposée à celle de Mme Guyon et tout à fait du côté janséniste. » Effectivement, ses adeptes, qui avaient presque tous la même tendance, plus ou moins, ne manquaient pas de jeter le guyonisme à la tète des contradicteurs*, et elle-même s'exprimait en termes fort durs, grossiers parfois, sur cette mystique raffinée, qui, de son côté, dit-on, l'accusait de fraude et d'illusion3. L'une et l'autre, après avoir provoqué un véritable fanatisme (le rapprochement est de Saint-Simon lui-même 4), devaient disparaître dans un égal oubli.
On se fût du moins attendu, sur quelques mots de Saint-Simon5, à trouver chez la so<ur Rose des pratiques de charité qui auraient pu rendre sa personnalité sympathique. Mais, à part un seul fait que nous révèlent les documents administratifs, celui du dispensaire à la tète duquel Mlle de Beauvau l'aurait placée6, aucune relation n'en dit rien, même parmi celles qui la représentent comme l'intermédiaire autorisée et toute-puissante de Dieu, de son fils et de la Vierge.
A défaut de ces vertus premières des saintes, piété, humilité, charité, quels étaient donc ses moyens d'action? Ceux principalement que le rituel romain, au titre de I'Exorcisme, exigeait comme caractères essentiels, non de l'inspiration divine, mais de la possession parle Démon. M. du Charmel les a ainsi résumés dans une lettre à l'abbesse des Clairets, dont la Question curieuse nous fait connaître la substance7 : « Dieu lui a fait une largesse extraordinaire et très abondante de ses plus grandes faveurs; il l'a honorée du don de parler des choses divines avec sagesse, de celui de guérir les maladies, de celui de faire des miracles, de celui de prophétie, de celui du discernement des esprits et de la connoissance des cœurs, de celui de parler diverses langues, de celui de les interpréter, et de celui de faire des conversions. Elle a des extases et des ravissements dont elle revient au moindre commandement mental de ses directeurs et de ses supérieurs; elle a des visions et des révélations, et c'est par ce moyen qu'elle a découvert le mystère d'iniquité de Mme Guyon, et qu'elle sait ce qui se passe dans les pays éloignés; elle a souvent senti en sa personne les effets visibles de la protection de la sainte Vierge; elle s'est exposée plus d'une fois à perdre la vie plutôt que de violer le vœu de virginité qu'elle a fait dès l'Age de treize ans; elle jette du sang en abondance par la bouche certains vendredis de l'année, et surtout le vendredi saint, comme pour accomplir dans sa chair ce qui reste à souffrir à Jésus-Christ, en
i. Ci-dessus, p. 82.
2. .l'ai rappelé que Boileau avait jadis essayé d'en tirer Fénclon ; c'était son arme contre les incrédules.
3. Correspondance de Fcnelon, tome Vil, p. 324; ci-après, p. 504.