‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 381 sur 548 · Ms. 18832, fol · texte numérisé non relu

Ms. 18832, fol

souffrant elle-même pour son corps, qui est l'Église; elle fait toujours maigre; Dieu ne refuse rien à ses prières; à l'imitation des saints, elle a souffert de grandes persécutions; elle a plus fait de choses extraordinaires que sainte Thérèse ; elle est une fille inspirée de Dieu, une fille incomparable, une grande servante de Dieu; enfin elle est une sainte fille, et elle l'a été dès son enfance autant qu'on le peut être en cette vie. » Tout cela, dit l'auteur de la Question curieuse, n'est point l'œuvre de Dieu, mais celle du Démon; qu'on se rappelle les paroles de Gerson1 : « Caveant qui dati sunt in regimen et excmplum ne levitev muliercularum verhis mit factis approbent docirinas carum vel miracula, seu visiones insolitas, ipsis maxime scientibus,seu coram eis. Nulla plane posset altéra dari talibus ad (ingendum fortior occasio. » Si « la sœur Rose, n'ayant nul mérite, ni personnel, ni acquis, a endormi et fasciné tant de personnes d'esprit, de vertu, de piété, de savoir, et a été assez artificieuse pour les ranger, s'il est permis de parler de la sorte, sous son obéissance et les engager à prendre ouvertement son parti, » tout l'honneur en doit être reporté au Diable2, « le Diable qui aime les morceaux friands et choisis, qui se sert volontiers du ministère des femmes pour faire tomber de grands hommes dans l'illusion et l'erreur, le Diable qui s'attaque de préférence aux plus vertueux, aux plus saints,

aux plus savants » Combien on a vu de ces femmes duper les plus

grands théologiens3! Et, tout dernièrement, n'était-ce pas le cas de Mme Guyon et des personnes de distinction qu'elle a abusées par ses égarements, ses illusions et sa pernicieuse doctrine4?

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