Tome XVII, p. 280. — 5. Ci-après, p
6. Ms. 18 832, fol. 54 V et 55. — 7. Ci-après, p. 497. 8. Le ms. 18 832 a un chapitre entier sur ce point.
leau] de demander à Dieu sa guérison. Elle a guéri M. Faydit, prêtre d'Agen, qui étoH fanatique et furieux chez M. [de Harlay] ; elle l'a guéri de l'esprit en noms de vingt-quatre heures, et du corps, qu'il avoit ruiné et perdu, en six ou sept jours. Elle a guéri M. Maisne, qui avoit reçu les derniers sacrements, en lui faisant avaler deux verres d'huile d'olive, et. avec le même remède, elle a guéri M. l'abbé de [Jougla], présentement moine de (la Trappe], qui étoit affligé de cette maladie honteuse qui reproche au malade son crime et sa débauche. Voilà des guérisons fort extraordinaires; mais il ne nous est pas défendu de les examiner1. »
Sur le cas de M. Maisne, il existe des rapports, aussi peu suspects que possible, de dom Arsène (Jougla) d'une part, de Duguet d'autre part. Le lecteur des Mémoires peut se rappeler que M. Maisne était un des laïques groupés à l'ombre de la Trappe, autour de M. de Rancé, et qu'il faisait les fonctions de secrétaire du saint abbé depuis l'origine; « beaucoup de lettres, infiniment d'esprit, de douceur, de candeur, et de l'esprit le plus gai et le plus aimable. » Suspect cependant par plus d'un côté, et accusé d'avoir souvent entraîné l'abbé à de fâcheuses compromissions, il ne fut plus toléré dans l'abbaye après la mort de Rancé et dut s'aller établir au dehors2. C'est pour le guérir, on ne voit pas bien de quelle maladie, que Rose fît son second voyage à la Trappe, en même temps que pour consommer la conversion de l'abbé de Jougla, et, selon l'expression de celui-ci3, ce voyage ne fut pas « moins miraculeux que le premier. « Toutefois, sur la cure merveilleuse, le futur dom Arsène est aussi peu affirmatif que possible : « Je ne vous dirai rien de la guérison de M. Maisne, dont on avoit désespéré, et qu'on croit lui devoir. Elle lui donna un remède. Elle dit à mon frère, en arrivant, qu'elle le verrait avant partir : elle l'a vu, elle lui a parlé, et il se porte bien. » Et il ajoute : « Je ne vous parlerai non plus de l'estime et de la confiance que tout le monde a pour elle, combien elle est connue, de la facilité avec laquelle elle vient à bout de tout ce qu'elle entreprend, comme elle renverse les cœurs de tous ceux qui s'opposent à ses desseins.... » Duguet, au contraire, ne mettait pas en doute le miracle, et c'est un des deux ou trois faits principaux par lesquels il s'efforça de convaincre sa visiteuse du u20 octobre 1T004.
« M. Duguet, raconte-t-elle3, me dit que Dieu n'étoit point obligé à faire des miracles en faveur de tout le monde. Je lui répondis que cela étoit vrai, et que, quand il ne feroit pas celui-là6, ce ne serait pas une raison pour conclure qu'il n'en eût point fait d'autres par l'entremise