‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 391 sur 548 · Ms. 18 832, fol. 95 v · texte numérisé non relu

Ms. 18 832, fol. 95 v

7. L'auteur signale ce genre de supercherie dans les cas récents de « l'abstinente » de Troyes et de la visionnaire de Laval, et il les rapproche du tour d'un « buveur d'eau » de Paris qui rendait des liqueurs de diverses couleurs.

8. Ms. 18 832, fol. 96 v". Le début de ce passage est reproduit p. 485.

9. 11 est dit dans la Question curieuse qu'elle fut examinée, pour ces héiuo

Nous trouvons dans le rccuoil des Archives de la Bastille1 que le même procédé fut employé, en 1703, par une très habile femme entre les mains de laquelle se mit Mme de Grancey, et qui trouva même à séduire quelques personnes sensées et des prêtres trop crédules, mais lî ni t à la Salpêtrière. Elle aussi prétendait disposer des esprits, parler toutes les langues, etc. C'est par une pression sur ses amygdales qu'elle obtenait des apparences d'hémoptysie.

Pour les autres guérisons, on a vu que Rose procédait soit par la suggestion, quand il s'agissait de « lunatiques, » soit par la médication (médication très simple d'ailleurs et inoffensive, des « purges » et de l'huile ordinaire), tandis que Saint-Simon prétend qu'elle n'usait jamais de remèdes. « Quelle raison peut-on avoir, après cela, de dire que la sœur Rose a le don de guérir les malades? Si elle en a guéri quelqu'un, ç'ont été les remèdes qu'elle leur a donnés qui les ont guéris, car elle en porte toujours avec elle, et de plusieurs sortes, à la façon des charlatans2. » Et encore où sont ces malades guéris? qui a constaté leur état avant et après l'intercession miraculeuse? Aux prétendues guérisons de M. Maisne, de dom Arsène, de Faydit, de la sœur elle-même, ne devons-nous pas opposer l'insuccès de ses tentatives sur des personnes de tout rang, mais qui n'étaient point complices ou dupes de son grotesque charlatanisme, un valet de la Trappe, une religieuse du Calvaire de la rue de Vaugirard, la fille de Mme Amelotde laHoussaye, lafemme d'un maçon de la Ferté-Bernard, l'abbé Dejean, qui prit des « purges » pendant quatre ou cinq mois, le curé de l'église Saint-Christophe, qu'elle soigna en 1700, le comte de Xaintrailles, M. de Vibra ye lui-même, le mari de sa meilleur adepte, et tous les malades ou estropiés qu'on lui amena dans son dernier séjour chez celle-ci?

« Mme la comtesse de Turbilly se fit apporter à Vibraye dans l'espérance que la sœur Rose la guériroit d'un rhumatisme qu'elle avoit à la tête, et le chevalier de Gondé la tlatta, quand elle y fut, qu'elle la guériroit sûrement. Cette dame, après quatre de ses purges, qui lui ont fait faire de si grandes évacuations qu'avec une fièvre violente et maligne qu'elles lui ont donnée elles l'ont réduite à l'extrémité, se trouva enfin obligée de se faire reporter chez elle, où, par le conseil d'un habile médecin du pays, elle se guérit peu à peu. Le comte de Xaintrailles, qui est affligé depuis plusieurs années d'un tremblement presque de tous ses membres, est venu aussi à Vibraye pour tàter des remèdes de la sœur Rose, et, dans l'espérance qu'ils lui feraient du bien, il en a pris quelqu'un; mais il n'en tremble pas moins. La femme d'un maçon

ptysies, par le médecin Dodart, que l'abbé Boileau tenait en grande estime : voyez ci-dessus, p. 1»>", notes, et la lettre xix de Boileau, dans le tome I de son recueil. — Quant à l'hydropisie, on ne peut s'empêcher de remarquer que les médecins modernes classent la tympanite, qui est un gonllement d'apparence analogue, parmi les états divers de l'hystérie.

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