Tome X, p. 388 et
"2. >h. 18 83-2, fol. 6-2 v",
m APPENDICE IX.
de Hontmiraîl, nommé Nicolas Bélanger, avoit un bras rétréci par la faute d'un chirurgien qui lui avoit piqué un nerf en la saignant : elle vint trouver la sœur Rose; la sœur Rose lui tira le bras avec force <t à plusieurs reprises, lui fit souffrir de grandes douleurs, et la renvoya ensuite, lui disant qu'elle ne pouvoit pas la guérir. Elle fit le même compliment à la fille de Michel des Vaux, laboureur de la paroisse de Grès, proche Montmirail, après l'avoir pansée huit jours durant d'un rétrécissement de nerfs qu'elle avoit à un bras, et malgré les assurances que le chevalier de Gondé lui avoit données d'une parfaite guérison '• »
« Fort extraordinaire en tout, dit notre auteur, pourtant elle a fait de grandes, et beaucoup de vraies conversions-. » Arrivons doac aux conversions.
Pour ramener dans la droite voie les esprits égarés ou les consciences inquiètes, on ne saurait nier qu'elle manifesta un vrai pouvoir et produisit plus d'un heureux effet; nous en avons le témoignage des deux prêtres qu'elle fit entrer à la Trappe, M. Bigot, de Lyon, ami de Paydit, et l'abbé de Jongla, ce curé toulousain qui apporta dans la sainte maison de. Rancé un passé si lourd, si difficile à faire oublier. L'un et l'autre ont raconté leur conversion sous la forme épistolairë. Des deux lettres de M. Bigot citées par les contemporains, une seule est venue jusqu'à nous, quoique l'autre ait dû également circuler dans le parti; si elle nous fait connaître les circonstances de sa conversion, ou plutôt de son entrée en religion, elle est muette sur celles qui avaient précédé, et ne permet pas, par conséquent, de juger exactement quelle étendue de chemin il eut à parcourir, sous la direction de sœur Rose, pour arriver au séjour de paix et de sainteté1. On se rend encore moins compte du crédit que la Béate exerçait, à n'en pas douter, dans un couvent où les personnages les plus considérés professaient une juste méfiance à son égard. Il est vrai que l'abbé Boileau y avait ses grandes entrées3. Voici cette pièce, malheureusement incomplète4 :
« De l'abbaye de la Trappe, ce 19 mai 1701.
« Monsieur,
« Je suis aujourd'hui à la veille de commencer au Noviciat de la Trappe une carrière sainte, mais difficile, et qui seroit au-dessus de