Ci -après, p
eolat si précieux, et ils aimèrent mieux le perdre que de
l'avouer. Ils protestèrent donc d'injure1, qu'ils ne savoient
ce que c'étoit, et ils y persévérèrent avec tant de fermeté
et d'unanimité, que l'or demeura au profit du roi, qui ne
fut pas médiocre, et on en peut juger par le volume de
huit grandes caisses de grandes et grosses billes solides
d'or; et le chocolat qui les revêt issoit2 demeura à ceux qui
avoienl découvert la galanterie8.
Le Danemark reconnut le roi d'Espagne4. Ce prince fut Philippe v
rencontré à Bordeaux5 par le connétable de Castille venant reconnu par ... ., le Danemark,
ambassadeur extraordinaire pour remercier le Moi de 1 ac- connétable
ceptationdu testament c. 11 s'appeloit don Joseph Fernande/. de Castille
1. Us protestèrent qu'on leur faisait injure de les croire capables de pratiquer la contrebande.
2. Imparfait incorrect, mais auquel les meilleurs écrivains se laissaient aller, comme le prouvent les exemples recueillis par Littré.
3. C'est cette anecdote sur les jésuites que le libraire Hivert, en 1828, prit pour réclame de l'édition nouvelle des Mémoires de Saint-Simon préparée par F. Laurent, et le marquis de Saint-Simon, en protestant alors contre l'annonce insérée dans ie Journal des Débals du 3 janvier, profita de l'occasion pour se faire remettre les derniers portefeuilles du manuscrit original gardés par le ministère des affaires étrangères.
4. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 15-46. Dès le mois de juin suivant, le Danemark vendit des troupes auxiliaires à l'Empereur et aux Hollandais : Gazette, p. 328. Villars chercha en vain à le gagner.
5. Journal rie Dangeau, tome VIII, p. 5 et 12. On trouvera le récit du trajet par eau, depuis Blaye jusqu'à Bordeaux, dans la relation du duc de Bourgogne : Curiosités historiques (4759), tome II, p. 435M39, et dans celle de Petis de la Croix, ms. Arsenal 4137, p. 131-153.
(i. « Il prendra la qualité d'ambassadeur du roi d'Espagne, ou d'ambassadeur de la junte, tout comme il plaira au Roi, » dit Dangeau. La désignation de ce seigneur, au lieu de M. de Villena ou de San-Estevan, l'ut considérée comme une manœuvre du parti autrichien ou de la reine : Avènement des Bourbons, tome H, p. 336 et 357 ; Mémoires de Louville, tome I, page 102; Mémoires de Noailles, p. 73; Gazette, p. 5 et 24; Mercure, janvier 1701, p. 369-379. Les lettres de créance que la reine et la junte lui avaient délivrées le. 2 décembre sont aux Affaires étrangères, vol. Espagne 86, fol. 30 et 33, et son instruction dans le volume N7, fol. 80. Il avait adressé lui-même ses félicitations à Louis XIV, le 29 novembre : vol. Espagne 85, fol. 499. Il signait : el C ondes table.
58 HÉMOIRES 1701
ambassadeur de Velasco, duc de Frias1. Il fut reçu au Bourg-la-Reine' extraordinaire par Je baron de Breteuil, introducteur des ambassadeur- . qui est un honneur qui, de ce règne, n'avoit été fait à aucun autre qu'au marquis de la Fuente, qui, après l'affaire du maréchal d'Estrades et du baron de Watteville à Londres pour la préséance, vint ambassadeur extraordinaire pour en faire excuse et déclarer en présence de tous les autres ambassadeurs, en audience publique, que l'Espagne ni ses ambassadeurs ne disputeroient jamais la préséance au Roi ni à ses ambassadeurs, et la lui céderoient partout4. Le connétable de Castille parut avec une grande splendeur et fut extrêmement accueilli et festoyé5. Le Roi
1 . Il était marquis de Jodar et général des galères de Naples quand le titre et les prérogatives honorifiques de connétable de Castille, ainsi que le duché de Frias, lui étaient revenus par la mort d'un oncle, en octobre 1696 : voyez le Journal de Dangeau, tome VI, p. 31; Imhof, Genealogise XX illustrium in Hispania familiarum, p. 324; le Theatro universal de Espatia, par Garma, tome III, p. 408-424, et l'État présent de l'Espagne, par Vayrac, tome III, p. 118. Il fut fait capitaine d'une des compagnies de gardes du corps en novembre 1703, majordomemajor en 1705, et mourut le 19 janvier 1713.
2. Le manuscrit porte, avec une initiale minuscule : bourg la Reine. — Ce village étant situé à un peu moins de deux lieues de Paris et sur la grande route d'Orléans, c'est là que la cour venait attendre les personnages considérables venant du Midi. On y montre encore la maison attribuée au temps d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, où Louis XV reçut l'infante d'Espagne en 1122; mais le connétable était simplement descendu à l'hôtellerie des Trois-Rois.
3. Voyez les mémoires de Breteuil lui-même, sur celte ambassade, dans le ms. Arsenal 3861, p. 9-79, 81-89 et 100-117, imprimés en partie dans le Magasin de librairie, tome I, p. 464-475, et les n" x et xiv de la Gazette d'Amsterdam de 1701.
4. Il a déjà parlé deux fois de cet incident diplomatique de 1662 : tome III, p. 240-242, et tome IV, p. 99-100. Ici, c'est le texte de Dangeau qui le rappelle encore à Saint-Simon, et qu'il transcrit; mais, en 1662, on alla chercher l'ambassadeur à Saint-Denis, et non à Bourg-la-Reine.
5. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 23-25, 42, 54, 55et 72 ; Mémoires de Sourches, tome VII, p. 11 et 32; Gazette, p. 48; Mercure, janvier 1701, p. 369-377, et mars, p. 417-449; l'Esprit des cours de l'Europe, 1701, lre partie, p. 151-152 et 412-413, 2" partie, p. 94-99; Hippeau, Avènement des Bourbons, tome II, p. 464-465; Ubilla, Diario, p. 40-56;
[ITOIj DE SAINT-SIMON. 59
le distingua extrêmement et lui fit un présent très considérable à son départ'. Il ne fut pas longtemps en France, et il y parut fort magnifique, fort galand et fort poli*.
A Bayonne3, le roi trouva le marquis de Gastanaga*, dix Philippe v ou douze autres personnes de considération, et plus de a Bayonne,
r ■ TT Saint-Jean-
quatre mille Espagnols accourus pour le voir. Harcourt y dc-Luz. étoit arrivé deux jours auparavant de Madrid, au-devant Séparation
1 i • - T . . , ,. ., , , , des princes.
de lui3. Le roi se mit dans un tauteuil, a la porte de son
Lambert v. Mémoires, tome I, p. 385-388. — Par le registre de la maison du Roi lArch. nat., 01 362, fol. 37 et 92), on voit que la cour s'attacha à traiter ce connétable comme avaient été traités, en 1679, les ambassadeurs espagnols venus pour emmener leur future reine.
1. Journal de Dangeau, p. 68 et 7:2. Le baron de Breteuil fut chargé de lui remettre un portrait du Roi garni de diamants estimes cinquante ou soixante mille livres, et il le substitua aux descendants de son nom (Gazette d'Amsterdam, n° xxxi). Ses lettres de recréance, du 4 avril, sont aux Affaires étrangères, vol. Espagne 88, fol. 151.
2. C'était un homme d'environ trente-deux ans, de taille petite, avec l'oeil assez bon, une physionomie spirituelle et l'esprit liant. Selon une lettre de M. de Beauvillier (Mémoires de Noailles, p. 73), on pensait qu'il ne serait pas long à quitter le parti autrichien. Ne trouvant pas d'hôtel assez beau à Paris, il se logea à Montrouge, chez Mme de Morstin.
3. Journal de Dangeau, tome VIII, p. 20-21; Gazette, p. 47; relation du duc de Bourgogne, dans les Curiosités historiques, tome II, p. 152-153; relation de Petis de la Croix, ms. Arsenal4137, p. 157-163; Papiers du P. Léonard, Arch. nat., K 1332, n° 1 ', p. 106.
4. François-Antoine de Agurto, marquis de Gastanaga (Saint-Simon écrit : Gastanaga), chevalier de l'ordre d'Alcantara, avait été mestre de camp général, puis lieutenant-gouverneur et capitaine général des Pays-Bas espagnols avant l'électeur de Bavière, et s'était démis par suite de dissentiments avec Guillaume d'Orange. 11 était devenu vice-roi de Catalogne, après avoir fourni sa justification, à la fin de 1694, en remplacement de M. d'Escalona-Villena, et avait cédé cette charge à François de Velasco en juin 1696. L'arrivée de Philippe V le fit sortir de la retraite où il vivait à Logrono, et il fut fait commissaire général des troupes en mars 1701 (sa lettre de remerciement au Roi est aux Affaires étrangères, vol. Espagne 89, fol. 7); mais il mourut en novembre 1702, au moment où on venait de lui donner un régiment de gardes à cheval.
5. C'est à Dax, le 12 janvier, que M. d'Harcourt avait rencontré le nouveau roi, spécialement recommandé à ses soins; Saint-Simon paraphrase mal le texte du Journal, p. 20.
(in MÉMOIRES 17DI
cabinet, ayant derrière lui M. de Beauvillier entre MM. de Noailles et d'Harcourt; le duc d'Ossone étoil plus en avant, pour marquer au roi ceux qui, étant gentilshommes, pouvoient avoir l'honneur de lui baiser la main. Tous, à l'espagnole, se mirent à genoux en se présentant devant lui'. Il vit toute cette foule les uns après les autres, et les satisfit tous ainsi au dernier point fort aisément. M. de Beauvillier avoit souvent entretenu le roi d'Espagne tète à tête pendant le voyage; il y eut, pendant le séjour de Bayonne, des conférences où le duc d'Harcourt fut presque toujours en tiers, et quelquefois le duc de Noailles avec eux2. Ils allèrent à Saint-Jean-de-Luz, et, le 22 janvier, se fit la séparation des princes avec des larmes qui allèrent jusqu'aux cris3. Après quantité d'embrassades réitérées aux bords de la Bidassoa, au même
1. « Il avoit auprès de lui le duc d'Osuna, le duc de Béjar et le tils aîné du duc d'Albe, qui lui marquoient ceux (les gentilshommes) qui dévoient avoir l'honneur de lui baiser la main; tous les autres lui faisoient la révérence. » (Dangeau). Il a déjà été parlé du baise-main au tome VII, p. 320; la révérence à l'espagnole se faisait comme celle des grandes cérémonies chez nous, en croisant les jambes : Mercure, janvier 1701, p. 286; Mémoires de Saint-Simon, tome III de 1X73. p. 143.
2. C'est encore Dangeau qui dit (p. 21) : « Pendant le voyage, M. de Beauvillier a été souvent enfermé avec le roi d'Espagne, pour l'instruire des affaires. Depuis qu'il esta Bayonne, le duc d'Harcourt a entrée dans leur conseil; le duc de Noailles y entre aussi quelquefois. » J'ai parlé, dans le tome VII, p. 373, note 1, de ce qui subsiste actuellement des lettres écrites par Beauvillier au Boi durant le voyage.
3. Cette nouvelle fut apportée parNoblet, dont Dangeau a mentionné le rapport (p. 25), en ajoutant : « Il y eut bien des larmes répandues de la part des princes, et on eut peine à les séparer. Il paroit que leur amitié a encore augmenté dans le voyage. » Comparez les diverses relations déjà indiquées dans notre tome VII, p. 347, note 2, et 373, note 1. Celle du duc de Bourgogne lui-même passe plus légèrement qu'on ne le pourrait croire sur les déchirements de la séparation. « Le samedi 22 janvier, dit-il, qui fut le plus triste jour de tout le voyage, nous partîmes de JSaint-Jean-de-Luz sur les onze heures, et, après avoir passé à Grogne, nous arrivâmes sur les une heure au passage de
Béhobie Nous descendîmes et embrassâmes le roi d'Espagne pour lui
dire adieu, en versant beaucoup de larmes. M. de Beauvillier, M. de
en Espagne.
endroit dos fameuses conférences de la paix des Pyrénées ',
le duc de Noailles emmena le roi d'Espagne d'un côté, et
le duc de Beauvillier les deux autres princes de l'autre,
avec lesquels il remonta en carrosse, et retournèrent à
Saint-Jean-de-Luz 2. Il y avoit un pont et de très jolies
barques galamment ajustées par ceux du pays. Le roi d'Es- comte d'Ayen
pagne3 passa dans une avec le duc d'Harcourt, le marquis i ' s'
de Quintana, gentilhomme de la chambre4, et le comte
d'Ayen"'. La petite rivière qui sépare" les deux royaumes
étoit bordée d'un peuple innombrable à perte de vue des
Noailles et tous les autres gens de la cour prirent aussi congé, et aussitôt nous remontâmes en carrosse.... »
I. Dangeau dit au contraire, mais par avance (p. 21) : > On a l'ait un pont sur la Bidassoa qui n'est pas au même endroit où étoit celui de la Conférence, » Comparez le Diario d'Ubilla, p. 66-67. Le cours de ce fleuve était contesté entre les deux nations; on a, sur ce point, un mémoire de Colbert, en 1663 {Lettres, tome VI, p. 211-219), avec l'historique des événements importants qui s'étaient passés là.
"1. Dangeau, p. 26; Gazette, p. 59 et 60; Mercure, février, p. 266-293.
3. La relation envoyée à Mme de Maintcnon par le comte d'Ayen [Correspondance générale, tome IV, p. 391-410) commence à ce départ de Saint- Jean-de-Luz. En outre, il tint pour son père un journal qui ne compte pas moins de mille pages, et est conservé au Dépôt des affaires étrangères, vol. Espagne (mémoires et documents) 100.
4. Martin-Dominique de Guzman Enriquez Niùo y Moxica, IV" marquis de Montealegre et de Quintana par sa mère, gentilhomme de la chambre depuis décembre 1675, commandeur de l'ordre de Saint-Jacques, avait été créé grand de Castille par Charles 11, le 28 octobre 1697, et venait d'échanger, en 1699, la compagnie espagnole de la garde contre la compagnie allemande; il a sa notice dans le Portrait de la cour d'Espagne, ci-après, appendice» XII. Une lettre du duc d'Harcourt (recueil Hippeau, tome II, p. 3K7-3NX) fait connaître comment la junte, non sans difficulté, avait choisi ce seigneur pour se rendre au-devant du roi, comme ayant soutenu le parti fiançais des 1699, alors qu'il avait les lionnes grâces de Charles II. Il fut confirmé gentilhomme de la chambre le mois suivant, et son frère nommé premier écuyer. Le marquis devint un des favoris de Philippe V,
o. Il y avait aussi quatre grandes dames en costume de cérémonie : les duchesses d'Albe et d'Osuua, la connétable et l'amirante de Castille.
6. Sépare est en interligne, au-dessus de borde, biffé, et ensuite le manuscrit porte : royaues, avec une lettre omise.
deux côtés; les acclamations ne finissoient point, et redoubloient à tous moments. Au sortir de la barque, le roi d'Espagne marcha un peu à pied pour contenter la curiosité de ces peuples, et alla coucher à Irun 1. Il fut d'abord à l'église, où le Te Deum fut chanté, et, dès le même soir, il commença à être servi et à vivre à l'espagnole*. 11 fut visiter le lendemain Fontarabie, puis Saint-Sébastien3, et continua son voyage à Madrid, ayant toujours leducd'Harcourt dans son carrosse, un ou deux de ses officiers principaux espagnols, et le comte d'Aven*. Ce dernier fut trouvé là fort mauvais, l'entrée du carrosse du roi n'étant que pour ses officiers les plus principaux. Ce neveu de Mme de Maintenon3, à qui Harcourt faisoit sa cour, avoit une nombreuse suite et une musique complète, dont il tâchoit les soirs d'amuser le roi d'Espagne6. Son âge, sa
4. Il écrit : Iran. Cette petite ville est située à treize kilomètres E. de Saint-Sébastien. Hippeau a publié la lettre que M. d'Harcourt adressa de là au Roi, le 23 janvier.
2. Tout cela est résumé du Journal de Dangeau, p. 26. Comparez la Gazette d'Amsterdam, 4701, nosxnet xm, deBayonne. — On voit dans les Mémoires de Mademoiselle, tome 111, p. -461-462, comment était servi le diner royal.
3. Cette ville principale de la province de Guipuzcoa avait, selon le Moréri, des maisons assez belles, des rues propres, des dehors fort agréables, et était dominée par une citadelle.
4. « D'Irun, S. M. C. ira jusqu'à Vittoria à cheval ou sur des mules, et, à Vittoria, il montera en carrosse, où il sera seul dans le fond, le duc d'Harcourt seul au-devant; le comte d'Aven et un gentilhomme de la chambre seront aux portières. » (Dangeau, p. 21.)
8. Voyez ce qui a été dit de lui en 4698 (tome V, p. 122-123), à l'occasion de son mariage avec la nièce de Mme de Maintenon.
6. Nous avons parlé de cette musique (tome VII, p. 326, note 4), et sa composition est donnée par le Mercure de décembre 1700, p. 234- 236. Voici une lettre de quelque « domestique » de la maison de Noailles, qui rend compte d'une des réunions du soir où la troupe symphonique se distingua : « Du 11 (janvier), à Dax. Nous venons de faire, Madame, une grande et vilaine journée. Demain nous séjournerons, et, après-demain, si le temps ne s'y oppose, le roi d'Espagne et les princes s'embarqueront sur la galère de M. le duc de Gramont, pour arriver le même jour à Bayonnc. On ne vous peut dire combien
faveur en France, l'imitation des airs libres et familiers et des grands rires de sa mère1, montrèrent à l'Espagne un fort jeune homme bien gâté, et qui les scandalisa infiniment par toutes ses manières avec les seigneurs de cette cour, et par la familiarité surtout2 qu'il affecta avec le roi d'Espagne3. Il fut le seul jeune seigneur françois qui passa
on y séjournera ; l'arrivée de la maison du roi d'Espagne à Hiron (sic) nous déterminera. Ce qui m'afflige terriblement est qu'il y faut quitter M. le comte d'Aven, que je regretterai jusqu'à son retour. Monsieur son père efface ici par sa prodigieuse dépense tout ce que vous avez jamais vu et entendu dire; il donna au Mont-de-Marsan un souper au duc de Becar (sic), au due de Pepoli (sic), et à sept ou huit autres Espagnols de qualité, dont on ne peut assez vanter la magnifique délicatesse. Pendant le repas, on chanta Y Idylle de Sceaux; mais on la chanta comme si Lully y avoit été. A la fin du repas, on but la santé des rois, et la musique fit place à un chœur de trompettes, qui sonnèrent les plus beaux airs du monde. Enfin les étrangers ont peine à se persuader ce qu'ils voient. Je suis bien inquiété de la maladie de M. de Barbezieux; si vous serais bien obligé, si vous vouliez bien m'en mander des nouvelles. M. le duc de Beauvillier nous quitte après le départ du roi d'Espagne. Toutes ces séparations me sont très désagréables; M. le duc de Noailles me tiendra lieu de tout. Je vous supplie de faire ma cour à Mme la maréchale, et d'être persuadée, Madame, de mon sincère attachement à votre personne. » (Bibl. nat., ms. Fr. 6944, fol. 38.) M. d'Aven lui-même était bon musicien et composait des motets; en outre, il avait avec lui Moreau, le compositeur attitré de Saint-Cyr. On donna aussi de la musique aux deux autres princes, dans la suite de leur voyage.
1. Après mère, le manuscrit porte : qu'il voulut imiter, biffé. — Saint- Simon a déjà dit (tome V, p. 124) que Mme de Noailles avait trop d'esprit, trop d'entregent, trop d'intrigue, et était mal vue du Roi.