‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 412 sur 548 · FEMMES DE LA CHAMBRE ROYALE · texte numérisé non relu

FEMMES DE LA CHAMBRE ROYALE

« Le nombre ordinaire des camaristes est de six ou huit. Elles doivent être filles de gentilshommes d'une noblesse connue; on n'en reçoit que de tilles. Elles ont chacune, par an, pour appointements et toute chose, cinq mille cinq cent seize réaux, et la plus ancienne a deux cent quatre-vingt-dix-sept réaux d'augmentation, pour la valeur d'une robe de chambre, et c'est ordinairement celle qui a le soin du linge de S. M., qu'elle livre directement à la blanchisseuse du corps dans nu coffre

1. Ms. Clairambault liT.'i, fol. 276. Ci-dessus, |>. I7T-17S. Ici, asafdtta.

». Ibidem, fol. 276 V.

:i Ibidem, fol. i~~ Ci-dessus, p. 176-178.

fermé à clef, dont la blanchisseuse en a une, et elle une autre, pour plus grande bienséance et sûreté.

« Autrefois, les damas peignaient et coiffaient la reine; mais, à présent, les camaristes sont en possession de cet exercice, et c'est ordinairement la plus adroite parmi elles qui le fait.

« Elles alternent par jour la garde entre elles. Celle qui est de garde doit dormir dans la chambre voisine de celle de S. .M., pour être plus à portée d'être appelée et d'exécuter les ordres de S. M. Toutes les autres doivent se trouver aux heures de la toilette et des repas, et entrer et sortir les plats avec la plus grande modestie, respect et circonspection. On leur donne ce qu'on veut bien de la desserte, et celle qui est de garde partage le reste de la cire de la chambré. Elles sont toutes subordonnées à la camarera-mayor, et elles ne peuvent sortir sans leur1 permission, ni même alors sans une duegna. •>

LE GRAND ÉCUYER OU CABAI.LEKIZO-M AYoK '-.

« Cet emploi a toujours été destiné aux seigneurs de la première classe des grands, et aux plus distingués par le mérite personnel, l'emploi étant par lui-même de la première élévation de la couronne, pour la confiance qu'on met en lui par sa proximité à la personne sacrée de la reine dans le service.

« Il est nommé par un décret du roi. Il prête serment entre les mains du mayordome-mayor de la reine; ensuite de quoi, avec l'assistance du veedor, il reçoit le serment de tous ceux qui appartiennent à l'écurie, comme leur chef principal.

« Il a pour appointements et logement dix-sept mille six cents réaux de vellon. 11 a, pour droit prééminent, un carrosse à six mules. deux cochers, deux laquais et quatre garçons d'écurie aux livrées de la reine, et un second attelage de mules ou de chevaux à sa disposition; le tout payé et entretenu par l'écurie de la reine.

« Il fait choix, selon sa volonté et bon plaisir, d'un secrétaire, pour l'expédition des ordres concernant l'écurie, et ce secrétaire a par an, et sur les fonds de l'écurie, deux mille deux cents réaux.

« Comme le grand écuyer n'a point de service au palais, les entrées pour cet emploi ne sont pas marquées dans le cérémonial; mais, comme c'est un grand d'Espagne qui l'exerce, et qu'ordinairement il est gentilhomme de la chambre du roi, il prend ses entrées parmi ceux de ces deux classes, aux fonctions de cérémonies dans les appartements.

« Quand S. M. sort en carrosse et chaise à porteurs, à pied ou à cheval, et qu'elle donne [avis] au niayordome-niayor ou mayordomc de semaine, qui le communique au grand écuyer par le laquais de garde, le grand écuyer donne ses ordres à l'écurie pour que tout soit prêt, devant

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