‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 416 sur 548 · LA COUR D'ESPAGNE A L'AVÈNEMENT DE PHILIPPE V · texte numérisé non relu

LA COUR D'ESPAGNE A L'AVÈNEMENT DE PHILIPPE V

[Fragment inédit de Saint-Simon -.

Portrait au naturel de la cour d'Espagne comme elle est en iïdt et au commencement de 1702*.

Ce morreau date de l'époque où Philippe V avait quitté Madrid pour aller recevoir et épouser la princesse de Savoie; plus précisément, il est postérieur

à décembre 1701 4. La matière en a été évidemment fournie par quelqu'un qui revenait d'Espagne, et qui avait étudié à fond, de très près, l'entourage immédiat du jeune roi5. Ce doit être Lou ville, qui arriva à Versailles le 12 novembre, et dont Dangeau recueillit aussitôt quelques informations du même genre6. Nous savons déjà que Saint-Simon cultivait beaucoup le favori de Philippe Y; il a même revendiqué pour son père7 l'avantage d'avoir été le premier auteur de cette haute fortune de l'ancien capitaine au régiment du Hoi devenu si rapidement, grâce à son introduction chez le duc de Beauvillier, un des personnages les plus importants de la petite cour du duc d'Anjou, puis l'arbitre presque absolu des destinées de la nouvelle monarchie8. 11 nous a présenté Louville comme un « homme d'infiniment d'esprit, et qui, avec une imagination qui le rendoit toujours neuf et de la plus excellente compagnie, avoit toute la lumière et le sens des grandes affaires, et des plus solides et des meilleurs conseils. » Nous aurons plus d'une occasion de constater que notre auteur a dû recourir à lui pour connaître la marche des événements et le sens des faits, le caractère vrai des personnages et les ressorts secrets de leur conduite9. Louville revenant de la cour de Madrid dans un moment où tous les yeux, toutes les curiosités se tournaient de ce côté-là, Saint-Simon fut des premiers, avec leur ami commun M. de

Page 1