‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 417 sur 548 · Tome II, p. 3-5. — fi. Ci-dessus, p. 215-218, etc · texte numérisé non relu

Tome II, p. 3-5. — fi. Ci-dessus, p. 215-218, etc

9. Ici même, on pourra juger quelle concordance il y a entre ses por- I rails ot ceux des ambassadeurs vénitiens, appendice XIII.

Beauvillier, à le questionner, à le faire conter en tèle-à-tète, jusqu'à extinction de voix '. Mais, en dehors des conversations, il est vraisemblable que Louville rédigea une « relation de la cour d'Espagne » à l'usage de tout ce qui se rattachait aux hautes sphères de la cour. Saint-Simon dut en avoir connaissance, peut-être même en prendre copie. Cette hypothèse devient même une certitude pour peu que nous nous reportions à des traits et à des anecdotes insérés plus tard dans les Mémoires, avec attribution positive à Louville-. Cependant ce n'est pas une transcription du texte de Louville que nous avons ici, mais un arrangement, une adaptation faite par notre auteur, et portant d'un bout à l'autre sa marque propre, avec des retouches, des corrections, des modifications venues après coup, et des blancs réservés pour les additions futures. A ce titre, le « Portrait au naturel de la cour d'Espagne » a, pour nous, l'importance d'un morceau historique, sinon composé de toutes pièces, du moins rédigé et écrit par Saint-Simon entre sa vingt-sixième et sa vingt-septième année: il faut donc le placer immédiatement après le récit des obsèques de la Dauphine écrit douze ans plus tôt, et qui a été publié dans l'Appendice de notre premier tome3, et après la relation de Nerwinde intercalée à sa date dans les Mémoires de l'année 1693*.

Ce qui ajoute beaucoup à la valeur du « Portrait au naturel de la cour d'Espagne, » c'est qu'on y retrouve nombre de traits et de phrases qui ont été utilisés, quarante ans plus tard, pour la rédaction des Mémoires, années 1700 et 1701. Je signalerai ces remplois au passage5. Un récit même a été textuellement transcrit, celui de la « saccade du vicaire0, » et l'on y remarquera un fait à l'appui de ce que j'ai dit plus haut de Louville : c'est que son nom est resté partout en blanc dans le texte de 1701, parce que l'historiette venait de lui-même, tandis qu'en 1710 il n'y n'avait plus rien à dissimuler.

Il convient encore de signaler le « Portrait de la cour d'Espagne » comme un type primitif des procédés d'adaptation qui tiennent une si large place dans l'œuvre de notre duc. Je pense que le commentaire des huit premiers volumes ne permet plus, mèmeaux lecteurs qui y répugnaient d'abord, de se refuser à cette constatation. Ici, elle s'impose. Comment Saint-Simon, n'ayant plus le Journal de Dcuigeau pour canevas, eût-il pu, non seulement décrire et apprécier, telle qu'elle était en 1701, une cour où il ne mit les pieds que vingt ans plus tard, mais tracer les uns après les autres tous ces portraits de personnages dont on connaissait à peine les noms à Versailles de-

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