Ainsi, au masculin, comme ci-dessus, p
i. Voyez ci-dessus, |>. 219, le lexte des Mémoires,
et dans ses vues. Vous Bavez même les précautions que j'avoû prises, dont je vous ai fait part, [tour me tenir à l'écart dans cette affaire, sachant combien M. le cardinal l'avoit à coeur; mais elle m'< se) tombée
sur le corps1 malgré que j'en aie eu, et il faut que je partage dans la suite, à mon rang de contrôle, la haine qu'il va avoir certainement pour M. d'Ilarcourt et M. de Blécourt; car plus il sent le tort qu'il a, et son ami le président aussi, et moins ils nous le pardonneront. Mai~. comme M. de Blécourt l'a fort bien dit à L'billa, quand le roi fera, sans y penser, quelque chose contre son honneur et sa conscience, et qui lui aura été suggéré, M. le cardinal doit compter que je ne manquerai jamais de l'en avertir, lorsque je serai à portée de le faire; et je lui dois la justice qu'il s'est comporté dans toute cette affaire ici avec beaucoup de fermeté et de droiture.
« Je compte vous envoyer cette lettre ici par un courrier que la Terranova doit vous envoyer pour se justifier de tout ce que l'on vous aura mandé contre elle, qui assurément doit être fort curieux. Vous aurez su déjà comment le roi a été acclamé au Mexique, aussi bien que partout ailleurs. J'oubliois de vous dire que le roi m'a dit ce matin que, le cardinal n'osant plus lui demander de nouveau décret, il cherchoit à présent à recommencer l'affaire par le moyen de son grand vicaire, comptant de disposer plus facilement des prêtres, et je ne voudrais pas jurer que le duc et la duchesse de Monleleon ne fussent excommunies incessamment; car vous pouvez compter que nous sommes bien vifs et bien violents, et, tant que le président de Castille sera dans le despacho avec autorité, comme il y est, vous ne devez pas compter sur autre chose. J'ajouterai encore à tout ceci que, si vous voulez consommer cette alfaire d'une manière qui soif agréable à tout le peuple, vous n'avez qu'à faire un exemple, tel qu'il puisse être, petit ou grand, sur les vingt-quatre vieillards du conseil de Castille qui ont jugé le duc de Monteleon avec tant d'équité 2 : ce qui fit que Blécourt demanda hier à M. le cardinal quel jugement ces Messieurs auroieut porté contre le duc. s'il avoit voulu assassiner le roi ; mais il ne lui répondit pas un seul mot, par la seule raison qu'il n'y avoit rien à lui répondre. Et vous voyez si cette sévérité sied bien à ces Messieurs, qui avoieut voulu relâcher Voiturier, garde du corps qui avoit dit qu'il porleroit le premier coup à S. M. Mais en voilà. Monseigneur, assez et trop sur cette affaire.
•< J'ai oublié de vous dire, Monseigneur, que la reine, jugeant, par l'ordre que l'on avoit envoyé au corrégidor de Tolède contre M. le duc de Monteleon, qu'on n'avoit pas envie de l'épargner, a cru faire des merveilles de l'intimider de son côté : à quoi elle n'a pas eu grand peine, car un grand d'Espagne est un animal fort craintif; de sorte que, croyant se lever d'affaire par là, il a signé un écrit, que la reine a envoyé au roi dans sa lettre, par lequel il s'oblige à faire revenir sa fille, si le roi le veut absolument, et, cette lettre de la reine, qui est venue naturelle-
1 . Expression prise par Saint-Simon, ci-dessus, p. 218. — "2. Ci-dessus, p. 580.
LOU VILLE ET LA SACCADE DU VICAIRE. ;i85
mont, ayant été décachetée à la Cavachuela • par Ubilla, ils ont vu que lo pauvre Montoloon mouroit do pour, comme il on meurt effectivement, car il est tombé malade du saisissement qu'il a eu : do sorte qu'ils ont fait une nouvelle tentative auprès du roi, depuis celle qu'ils ont faite inutilement auprès du confesseur, pour obliger S. M., en conformité du mémoire de Montoloon, de faire remettre cotte fille entre les mains du cardinal. Mais le roi a déclaré qu'il ne l'obligeroit point à cela, ne voulant pas profiter do la peur qu'il lui avoit donnée pour l'obliger à rompre le mariage de sa tille en lui en faisant faire un autre contre son gré; de sorte que je crois l'affaire finie, et je ne sais même s'ils vous ont envoyé un courrier comme le roi l'avoit cru, car S. M. m'a dit que, lorsque le cardinal voulut hier reparler, dans lo despacho, de cette affaire, Ubilla, qui a plus d'esprit qu'eux, et qui voit bien qu'ils se sont embarqués dans une affaire dont ils ne se tireront pas avec honneur, prit la parole et dit à S. É. qu'au nom de Dieu elle ne parlât plus de celte affaire-là : ce qui fit que lo cardinal se tut. Je ne sais s'il reviendra encore à la charge9.
« M. Dosguaras, que vous connoissez, je crois, Monseigneur, et qui est un fort honnête gentilhomme d'Aragon, ami de votre ambassadeur, s'en va enfin on Franco pour complimenter le roi sur la mort de Monsieur3, et il y a longtemps que ce devrait être fait; mais c'est qu'il falloit quinze cents pistoles pour son voyage, qui ont été difficiles à trouver. Je crois cette cérémonie fort inutile, lo Roi Très Chrétien ne pouvant pas douter que S. M. C. ne soit fort fâché do la mort de Monsieur; et il me semble qu'ils pouvoient bien retrancher ces façons, qui no sont bonnes que pour dos rois qui ne s'aiment guères; nous aurions bien ou dos torchons pour cola.
« Vous verrez aussi bientôt à la cour un frère du duc de Rejar, âgé do dix-huit ans, fort ami de Mme la duchesse de Reauvillier, qui s'échappe do ses parents et des bras de sa mère pour aller servir en Flandres*. C'est un très joli garçon, qui est plein d'honneur, d'esprit et do courage, et qui esl d'une bonne race, tous ses ancêtres ayant toujours servi, et son père, on dernier lieu, ayant été tué aux affaires de Rude. Toute sa famille le garde à vue, pour l'empêcher do s'échapper; mais je vous annonce qu'il s'échappera et que son frère, sous main, lui don-