Chrestiens surcharge un premier de
A. Le Ml d'Estiécs l'estoit corrige le Ml et le C. d'Estrées son fils festoient.
o. Celle, dans le manuscrit.
C. Ici, il cesse de suivre l'Histoire généalogique, qui dit simplement du combat de la Ilougue : « Le combat qu'il donna l'année suivante, contre ces mêmes flottes, fit connoitre son intrépidité, ayant soutenu, avec quarantequatre vaisseaux, pendant onze heures, l'effort de quatre-vingt-dix navires de la flotte ennemie, et il se seroit retiré sans perte, si les vents ne lui eussent |joint été contraires. » Comparez le récit que nous allons avoir avec \cs Mémoires, dans notre tome I, p. 'jO-o'i, et avec l'Addition n° 1. MÉMOIRES IiF. SAINT-SIMON. VIII 39
périr la plupart près de la Hongrie. En cette trislo occasion, le Roi fut juste. Il fut trompé : pas un soûl bâtiment anglois no cessa do combattre à outrance, la flotte du Roi fut à peu pies perdue, et sa marine du même coup. Dans cette affliction, le Roi dit que c'étoit sa faute, qu'il l'avoil voulu, qucTourville lui avoit tout représenté, et qu'après il avoit obéi et s'étoit comporté comme le plus grand général de mer et le plus bravo homme1; et, au mois do mars 1693, moins d'un an après, le lit maréchal do France. Il continua à servir jusqu'à la paix de Ryswyk, mais hors de moyens de rien faire, et il mourut à Paris, "28 mai 1704, à cinquante-neuf ans.
« Son nom est Costentin2. C'est une noblesse de basse Normandie, connue telle, et avec la seigneurie de Tourvillc dès l'an 1300, mais sans s'être jamais élevée en rien, terres, alliances ni3 emplois. Depuis 1600, il y en a eu deux gouverneurs de Coutances. Cette branche aînée subsiste dans la même médiocrité.
« Guillaume, frère cadet du premier de ces deux gouverneurs de Coutances, épousa en 1597 une Romillé la Chesnelaye. Leur fils unique épousa, 22 avril 1630 ou 31, une la Rochefoucauld-Montendie, veuve d'un Durfort-Cuzaguez, dont il eut le maréchal de Tourvillc et d'autres enfants.
« Ce seigneur de Tourvillc s'attacha au duc do Saint-Simon durant sa faveur, et fut un de ses gentilshommes domestiques. On voit ci-dessous, aux Paiks existants, titre de Saint-Simon, p. [ ]4, la fameuse journée des Dupes bien exactement racontée5, et que ce fut Tourvillc que M. de Saint-Simon, sortant du cabinet tête à tête avec le Roi, où il avoit été enfermé deux heures, et où il rentra aussitôt, envoya dire au cardinal de Richelieu, prêt à partir sur-le-champ pour Richelieu et enfermé chez lui avec le cardinal de la Yallette, que, sur sa parole, il vint ce même jour trouver le Roi à Versailles, qui s'y en alloit. Une si grande nouvelle, et si inespérée pour le cardinal de Richelieu, lui donna, pour quelques années, grande confiance en M. de Saint-Simon, qui l'avoit sauvé sans être son ami ni son ennemi, moins encore sa créature. Lorsqu'il maria sa nièce de Brezé au fameux duc d'Enghien0, il demanda à M. de Saint-Simon un gentilhomme de sa main en qui il pût prendre confiance pour mettre auprès de ce prince: M. de Saint- Simon lui donna Tourvillc, et fit par là sa fortune. La maison où il
1. Comparez les paroles rapportées par Dangcau (tome IV du Journal, p. 129 et 130), et le récit de cette campagne par Louis XIV lui-même, dans ses Œuvres, tome IV, p. 373. Le Roi trouvait inouï que les quatre-vingt-dix vaisseaux ennemis n'eussent pas écrasé tous ses quarante-quatre navires.