Caractères de la cour
« Feu M. le duc d'Orléans étoit un prince de l'ancienne roche. Sa famille et les aventures de Paris faisoient sa principale occupation, dormant fort en repos sur les desseins et sur le succès de l'État. Le commerce des dames n'étoit pas celui qui le touchoit le plus, s'inquiétant fort peu de la galanterie ordinaire. Toujours avide d'argent, et presque toujours brouillé avec ce précieux métal ; idolâtre de sa personne, et ne connoissant que lui seul d'aimable ; n'étant pas assez habile pour faire des créatures, ni assez fort pour ne pas se laisser gouverner. L'économie ne fut jamais son fait"-. C'étoit un saint sans miracles : aussi n'avoit-il guère de dévots. On lui faisoit aussi peu la cour qu'il avoit peu de voix au Conseil3. »
1. Caractères de la famille royale, îles ministres d'Étal et des principales personnes de la cour de Fiance, etc.; traduit de l'anglois; à Villefranche, Chez Paul Pinceau. M DCC II. Page 8.
2. La Pare vante sa charité et rapporte que ses favoris répandaient l'argent à pleins sacs pendant le voyage de 1693 dans l'ouest de la France.
3. Ce « caractère » présente des différences assez notables dans l'édition de 1703, et aussi dans celle de 1700, dont une réimpression a été faite par le feu comte Edouard de Barthélémy.