‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 512 sur 548 · Ci-dessus, p · texte numérisé non relu

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2. Extrait des Légères notions des chevaliers du Saint-Esprit, vol. 34 des Papiers de Saint-Simon (France 18!»), fol. 134 v° à 135 V*. Comparez la suite des Mémoires: tomes IX de 1813, p. 267-268, XI, p. 130 et 238-240; XVI, p. 263-266, et l'Addition dont une portion a été mise ci-dessus, n° 385.

:; Aujourd'hui loi. 107.

qu'il retiroit ' sps mains de l'armoire, passe un garçon de la chambre qui, tout étonné et scandalisé de voir d'Effial en cette armoire, s'écrie et lui demande qui l'avise de toucher là. D'Effiat, sans s'émouvoir, se tourne : « La soif, dit [-il ] ! Je m'en mourois; je sais qu'il y a la de « l'eau, je n'ai pu me tenir d'y aller boire. Jo vous demande mille par- « dons. Je sais que cela n'est pas trop bien ; mais je n'en pouvois plus. ■ Le garçon de chambre se paye de l'excuse et se contente des civilités du marquis, qui entre dans l'appartement et y cause avec tout le monde. Le succès, qui ne l'a* point su?

« La nuit qui suivit la mort de Madame, le Roi, outré de sa perte, et outré de la manière et de tout ce qui en résultoit, envoya Brissac qui est mort si vieux major des gardes du corps, avec quelques gardes affidés, enlever*** 3 et le lui amener par les derrières dans ses cabinets. Arrivé qu'il fut, le Roi, de cet air à faire rentrer en terre les plus résolus : « Madame a été empoisonnée, cela n'est plus douteux. Je veux savoir « la vérité. Si tu me la dis, quelque part que tu y aies, je te pardonne « et je te réponds que tu n'en seras jamais recherché; mais aussi, situ « me déguises la moindre chose, tu périras, et incessamment, par les « supplice les plus cruels. Est-ce mon frère? C'est ce que surtout je « veux savoir. — Non, Sire, lui fut-il répondu ; nous le connoissons « trop pour lui avoir confié un tel secret. » Le Roi, déjà au large, insista et fit tout ce qu'il put pour faire couper l'homme et pour s'assurer; et il demeura vrai, et lui persuadé que Monsieur n'enavoit pas eu la moindre idée. Cela coulé à fonds : « Mais qui donc, dit le Roi, a fait « cet abominable coup? » Et là-dessus le récit lui fut fait tel que je viens de le rapporter, et le chevalier de Beuvron nommé en tiers du secret de ce crime; et moi je le rapporte tel que, par deux fois, M. le procureur général Joly de Fleury me l'a raconté, comme une anecdote très curieuse, et qui l'est en effet, non que tout le monde n'en ait accusé ces trois hommes, et Monsieur avec eux; mais personne, ou bien peu de gens, ont su cette particularité.

« D'Effiat et le chevalier de Lorraine ne furent qu'un toute leur vie, et, toute leur vie, furent seuls et entièrement les maîtres chez Monsieur. L'abbé Dubois, qui depuis a fait à tous égards une si prodigieuse fortune, s'étoit jeté à eux, et fut de leur main précepteur de M. le duc de Chartres à la mort de l'incomparable Saint-Laurent, et ce fut de lui qu'ils se servirent pour intimider ce jeune prince sur son mariage et l'empêcher, sous les ailes de Madame, de se rebéquer. A la mort de Monsieur, Monsieur son fils se piqua d'honneur pour ceux de sa maison qu'il avoit aimés et pour le chevalier de Lorraine. D'Effiat étoit un homme de beaucoup d'esprit, très bas courtisan quand il avoit besoin de l'être, d'ailleurs haut, fier, hardi, audacieux, particulier, fort

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