‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 522 sur 548 · Siècle de Louis XIV, p · texte numérisé non relu

Siècle de Louis XIV, p

3. Bibl. nat., Pièces originales, vol 108, dossier Bonneau, ri" '.1101. i. Ci-dessus, p. .* S 7 7 et 403, et ci-après, p. (J53.

5. D'après Olivier d'Ormesson (Journal, tome II. p. ."INI et :;si) et Mademoiselle (Mémoires, tome IV, p. 85-88), le chevalier, arrête .:i la porte même de l'appartement de Monsieur, le 30 janvier, avait été d'abord dirige sur Lyon, pour être conduit de là à Montpellier; on avait ensuite préféré le château d'If, et c'est seulement quand Monsieur et Madame reparurent à la cour, le 3 mars, qu'un ordre exprès fut expédié de laisser le chevalier en liberté dans l'enceinte de la ville de Marseille. Quelques jours s'etant encore écoulés, l'invitation d'avoir à voyager hors de France fut substituée à celte relégation, et le chevalier ne perdit point de temps, puisque, dès le ir. avril, il arrivait à Gènes par mer. Voyez ci-après, p. 66i. Contrairement au récit authentique d'Olivier d'Ormesson (ci-dessus, p. 343, note 1 1. plusieurs contemporains ou historiens ont attribué l'exil d'où serait sorti le complot d'empoisonnement à une révélation indiscrète des projets de négociation avec l'Angleterre faite par le chevalier de Lorraine qui les tenait «le

un chevalier de Malte de vingt ans qui est à Home d'acheter à Paris la mort d'une grande princesse, » a dit Voltaire '.

Autre1 point sur lequel L'erreur de Saint-Simon est flagrante et surabondamment prouvée. Madame, dit-il2, « etoit.... d'une très bonne santé, qui achevoit de leur taire perdre de vue le retour du chevalier de Lorraine. » Tout au contraire, Henriette d'Angleterre, « plus

Mme de Coëtquen, et celle-ci de son amant M. de Turenne. La correspondance de Madame avec l'évêque de Valence ne permet pas d'admettre cette supposition. Le "28 décembre 1669, exposant sa situation vis-à-vis de son mari, elle dit qu'un retour de celui-ci n'est plus à espérer, puisqu'il dépendrait d'une réconciliation, d'un accommodement impossible avec le chevalier, et que cependant, au moment de la communion de Noël, elle s'est laissé arracher une promesse de ne pas faire chasser ce favori (Mémoires de Cosnac, tome I, p. 401-402). C'est là-dessus que le chevalier perdit toute mesure, non seulement dans son attitude \is-à-vis de la princesse, mais aussi dans les conseils imprudents qu'il donnait au mari. De là l'affaire des bénéfices vacants dans l'apanage et l'arrestation du chevalier, que Madame annonce à son amie le 3 (lisez: 30) janvier (ibidem, p. 403-404) Monsieur savait depuis quatre mois ou plus (ci-après, p. Gfiv2) que sa femme était mêlée aux négociations de l'Angleterre; mais, quant au voyage, il en ignora le projet jusqu'au milieu de mars 1070, que le Koi, qui prévoyait sa répugnance, fut obligé de le mettre dans la confidence. Monsieur donna entin son consentement le 11 avril. C'est seulement alors, et sur ce point, que Turenne aurait commis son indiscrétion, quelques jours avant le départ de la cour pour le Mord; à ce moment, tout était convenu entre les deux rois, il n'y avait plus qu'à libeller et signer le traité. (Ibidem, tome 1, p. 413, et tome 11, rédaction de l'abbé de Choisy, p. 240-242; Mignet, Négociations, tome III, p. 176-180 et I8i.) Le chevalier ('tait déjà sur la route de Uonie, et, dans un si long intervalle de temps, Monsieur avait continué à se plaindre de ce que sa femme ne consentait point, pour lui plaire, à demander le retour de l'exilé, y joignant même « des menaces pour le temps à venir, ■> soutenant toujours que la disgrâce et les rigueurs du Koi étaient l'effet d'une conspiration de Madame avec sa bonne amie, disgraciée, elle aussi, et reléguée hors de la cour (ibidem, tome I, p. lu.'» et 110). Toujours aussi, Madame s'ét;iit défendue d'y avoir île pour rien, non plus que de pouvoir demander une permission de servir des pensions au chevalier, comme l'eût voulu Monsieur; tout ce que le Koi accorda, ce fut. comme on l'a vu, le changement de la prison en exil à l'étranger, sous couleur de voyage, puis un supplément d'apanage pour Monsieur; quant à laisser revenir le chevalier, on avait parole du Koi que cela ne se ferait pas avant bien des années, lorsque « Monsieur serait guéri ou éclairé, ■> ce prince ayant osé parler à son frère d'une séparation conjugale et Madame ayant représenté la nécessité de tenir au loin un homme qui donnait de tels conseils à son maître, et qui « ferait bien pis encore à l'avenir i [ibidem. |>. 105, 413, 115 et il"). Madame croyait (p. 408) avoir fini par convaincre Monsieur: les querelles ne reprirent cependant

que plus violentes quand elle revint de Douvres,

t. Paul Lacroix, dans les Mémoires du cardinal Dubois, a substitué aux conciliabules une correspondance par lettres; mais encore le temps eût manqué entre le retour de Douvres, 18 juin, et le 29, jour de l'agonie.

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