Ci-dessus, i
fii6 APPENDICE XXVII.
comparable au jasmin qu'à la rose, » très maigre, délicate, on peu bossue, toujours enrhumée, avec une prédisposition évidente a la consomption ou phtisie, ('tait épuisée, non seulement de quatre couches successives, mais de la vie à outrance qu'on menait alors à la cour. et elle ne se soutenait que par cette grâce d'état qui est l'apanage des femmes nerveuses et maladives, mais intelligentes. Selon un rapport médical bien connu', elle ressentait, depuis plus de trois ans, une douleur au côté, qui l'obligeait fréquemment de s'étendre trois ou quatre heures par terre, ne trouvant ni repos ni relâche en quelque autre posture que ce fût. Le plus souvent, elle ne pouvait se nourrir que de lait et restait au lit des journées entières. Parfois on lui voyait • la mort peinte sur le visage, » et Monsieur lui-même avait exprimé sa crainte de la perdre prématurément8. On peut croire que les fatigues de son voyage si rapide à Douvres3, les émotions d'une négociation importante, même d'un succès très flatteur pour elle, achevèrent l'œuvre de la consomption. Le jour de sa mort4, après avoir fait une promenade, et « commençant à se trouver mal » selon Olivier d'Ormesson5, elle fut réduite à s'allonger sur des carreaux, la tête appuyée contre les genoux de Mme de la Fayette, qui nous le rapporte6, et, tandis qu'elle dormait ainsi, son visage s'altéra si profondément, que .Monsieur eu Ht la remarque. Au réveil, elle se plaignit de son mal décote: c'est seulement alors qu'elle demanda à boire.
« Elle prenoit depuis quelque temps, sur les sept heures du soir, un verre d'eau de chicorée. In garçon de sa chambre avoit soin de la faire. » Quelques contemporains parlent de limonade, et non d'eau de chicorée. Mme de la Fayette, qui était auprès de Madame, rapporte que l'eau de chicorée avait été préparée par Mme Desbordes, la première
1. Dépôt des affaires étrangères, vol. France 932, fol. 120; publié par Mignet, clans le tome III des Négociations relatives à tu succession d'Espagne, p. 21 '2.
2. Mémoires de Mademoiselle, tomes III, p. 527, et IV, p. 128-130, 1 37- 138 et 144; Lettres de Guy Patin, 26 septembre 1664, tome III. p. 484 et 485.
3. Correspondance de Bussy-Rabulin, tome 1, p. 269 et 276. Cette même correspondance renferme des lettres au confesseur de Monsieur, le P. Zoccoli, sur le retour des deux époux en mars 16711 (p. 251-254).
4. Nous possédons un long compte rendu de sa mission à Douvres et de ses querelles avec Monsieur, au retour, qu'elle aurait adressé à sa cousine la Palatine ce même jour 29 juin (on aurait donc qualifié à tort de « dernière lettre » celle qu'elle avait écrite à Mme de Saint-Charaond le 26. et qui est dans les Mémoires de Daniel de Cosnacct dans l'article de Pierre Clément . Cette pièce a été publiée, en 1861, dans la Correspondance littéraire, tome V. p. 126-129, puis dans les Archives de la Bastille, tome IV, \>. 33-36, d'après un manuscrit de la Bibliothèque; mais le comte de Bâillon, dernier historien de Madame, en a suspecté l'authenticité, comme Walckenacr avait suspecté celle de la lettre de Bossuet.