Ci-dessus, p. 364, note i
6. Morceaux historiques cl matériaux pour l'histoire trouvés dans les papiers de Duclos, publiés dans la '2e partie du tome 111 de ses Œuvres complètes, éd. 1821. p. 409-411.
munieation des Mémoires do Saint-Simon sous les auspices do. Mme de Pompadour et du ministre devenu le dépositaire de ces manuscrits en décembre 1760 '. Le récit de la mort de Madame Henriette d'Angleterre est un des morceaux qu'il n'avait pas eu le temps de faire rentrer dans les Mémoires secrets, mais qui ont été publiés à part dans ses Œuvres complètes, pendant la Révolution. Là, il affirme, tout aussi catégoriquement que Saint-Simon et dans les mêmes termes, quecette mort si prompte fut le résultat d'un crime, d'un empoisonnement. « Ce n'est plus un soupçon, dit-il; c'est un fait certain, quoique les preuves en soient connues de très peu de personnes. » Fuis, suivant ligne par ligne notre auteur, avec quelques variantes, il raconte l'entrevue dramatique du Roi, non plus avec Purnon, mais avec Morel, « contrôleur de la bouche de Madame, » non pas tête à tète, mais, comme dans l'Addition n° 385, en présence de deux domestiques de confiance et de l'officier des gardes du corps. Même dialogue que dans les Mémoires, et même conclusion : « Me voilà soulagé, s'écria le Roi; sortez! » Revenant alors sur la première partie de notre récit, Duclos explique comment le complot avait été préparé entre le chevalier de Lorraine et son ami d'Effiat; mais il ne parle ni de Reuvron, ni de l'exprès envoyé d'Italie. Et enfin il donne la prétendue origine de ses informations; je dis : prétendue, puisque le fonds de son récit est tout simplement emprunté à Saint-Simon. « Un des trois témoins de l'interrogatoire de Morel le dit, longtemps après, au procureur général Joly de Fleury, père de celui d'aujourd'hui, et je le tiens d'abord d'un magistrat très distingué, ami du procureur général ; mais je l'ai su encore d'un plus qu'ami de Mlle de Chausserais, à laquelle le Roi l'avoit dit. Elle avoit fait des mémoires très curieux, que l'abbé d'Andigné, son parent, lui conseilla de brûler. Je soupçonne que l'ami intime qu'elle en chargea ne les sacrifia pas tous, car il me promit un jour de les rechercher, et nous n'avons pas eu depuis occasion de nous retrouver; mais, dans une longue conversation que nous eûmes ensemble, il me confirma tous les faits dont il me voyoit instruit, et m'en apprit beaucoup d'autres. J'ai fait ailleurs connoître cette demoiselle Chausserais. » En effet, il avait parlé d'elle antérieurement 8, toujours d'après Saint- Simon, et, en nous reportant aux passages des Mémoires dont il s'est servi3, nous voyons que Marie-Thérèse le Petit de Verno de Chausserais, ancienne tille d'honneur de Madame, familière du Roi luimême, « une autre Mme de Soubise en petit, » amie intime de la duchesse de Ventadour d'une part4, et, d'autre part, de la maîtresse du
1. Armand Baschct, le Cabinet du duc 'le Saint-Simon, p. 244-247. Voyez ci-dessus, p. 637, note 3.