‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 53 sur 548 · Les bureaux du Conseil : tome IV, Appendice, p · texte numérisé non relu

Les bureaux du Conseil : tome IV, Appendice, p

5. C'est-à-dire qu'il lui donna place dans des bureaux en attendant de lui en attribuer la présidence, qui valait une pension. Il finit par présider, à partir de 1712, le bureau des affaires ecclésiastiques, dont j'ai parlé au tome IV, p. 424 (Additions et corrections dans notre tome VII, p. 640), et il devint doyen du Conseil en 1731, après la mort de M. d'Argouges de Ranes.

6. Il y avait déjà dix ans que l'abbé Bignon faisait partie de l'Académie des sciences, et son oncle l'avait fait élire, le 14 mai 1693, membre de l'Académie française (lettre de Pontchartrain publiée dans VAtlienœum français, année 1853, p. 4464). Il venait de présider la première de ces compagnies, pendant les années 1699 et 4700, avec l'abbé de Louvois pour vice-président (Arcb. nat., 0*44, fol. 40 V). A la petite académie, dite des inscriptions et médailles, sans être de la compagnie, il dirigeait les travaux depuis l'entrée de son oncle à la secrétairerie d'État dont elle relevait, et il avait particulièrement activé l'exécution de l'Histoire du Roi par les médailles, qui fut terminée vers 4700. C'est alors que, pour maintenir l'existence de ce corps savant en lui donnant des attributions plus précises, il fit faire par son oncle, devenu chancelier, le règlement du 46 juillet 1701, qui constitua définitivement cette académie à l'instar de l'Académie française et de celle des sciences, et lui attribua la connaissance de toutes les belles-lettres anciennes et modernes. Le nombre des académiciens fut porté à quarante, plus dix membres honoraires, qui furent Jean-Paul Bignon lui-même, les abbés de Caumartin et de Soubise, l'évèque de Soissons, le P. de la Chaise, le premier écuyer Beringhen, les conseillers d'État le Peletier de Souzy et Foucault, le duc d'Aumont et le P. Mabillon. Bignon appartint aussi à l'Académie de peinture et de sculpture, comme membre honoraire, à partir de 4709 ; c'est pour cette raison, et à cause de ses bonnes relations avec les artistes, que nous avons tant de beaux portraits de

lui : il étoit un des premiers hommes de lettres de l'Europe, et il y brilla, et solidement l. Il amassa plus de cinquante mille volumes, que, nombre2 d'années après, il vendit au fameux Law\ qui cherchoit à placer de l'argent à tout1. L'abbé Bignon n'en avoit plus que faire : il étoit devenu doven du Conseil, à la tète de quantité de bureaux et d'affaires, et bibliothécaire du Roi3. Il se fit une île

lui, gravés d'après les peintures de Rigaud et tic Vivien. Dans ces trois académies, MM. de Pontchartrain pore et fils lui laissèrent toute la direction. On voit aussi, par les notes du P. Léonard (M 762 et 767), qu'il avait formé une association avec quatre bons mathématiciens de l'Académie des scieuces pour préparer une sorte d'encyclopédie des arts et des sciences, avec ligures, qui devait se publier chez le libraire Anisson.

1. Voyez les éloges qui furent faits de lui, en 1743, à l'Académie des inscriptions et belles-lettres, par Frérel, et à celle des sciences, par Dortous de Mairan, et l'Histoire littéraire du règne de Louis XIV, par l'abbé Lambert, tome I, p. 270.

Page 1