Ci-dessus, p. 540, note i. — i. Journal, tome IX. p. S
tenir ce prince soumis à toutes ses volontés, ce même chevalier de Lorraine ait joui toute sa vie d'une espèce de faveur marquée, d'une considération du Roi très distinguée, et que, par raison proportionnée, d'Efliat ait toujours été bien avec lui, qui, sur la fin de son règne, l'y mit extrêmement bien en se vendant et livrant à M. du Maine1. » Et, plus tard, il a écrit, dans les Mémoires2 : « Comment, après avoir empoisonné Madame, et le Roi L'ayant su, comme on a vu, d'original, et étant outré de cette mort, il a laissé d'Efliat en charge, qui lui a valu l'Ordre, à la présentation de Monsieur, en 1688, c'est encore ce que je ne puis expliquer. »
On a vu que la détention du chevalier, d'abord adoucie et transformée en simple internement dans la ville de Marseille, avait pris tin aussitôt après le retour de Villers-Cotterets, sous la seule condition qu'il voyagerait à l'étranger, en Italie, jusqu'à nouvel ordre. Le Roi se refusait à faire plus. « Non, disait-il, il ne reviendra jamais, de mon consentement, auprès démon frère. Quoique j'eusse beaucoup de considération pour l'eu Madame, il y a eu encore d'autres raisons qui me l'ont fait éloigner de mon frère, et, par ces raisons, il ne reviendra pas. Si vous le pouvez, ne me priez point pour le faire revenir, car je ne le ferois pas.... » C'est à Mlle de Montpcnsier qu'il parlait ainsi, et c'est elle-même qui nous rapporte ses paroles3; elles sont à noter, ne permettant de supposer, ni cbez la princesse, ni chez Louis XIV, aucune croyance à l'empoisonnement et à la culpabilité du chevalier disgracié.
S'exécutantde bonne grâce, celui-ci arriva à Gènes le 15 avril, non pas en humble exilé, mais avec une suite de trois felouques4; et depuis lors nous le voyons, dans la correspondance de son frère Marsan, qui était venu le rejoindre5, allant d'une ville à l'autre, de Gènes à Rome, de Rome à Naples, puis revenant ad limina Apostoli, vivant partout au grand jour, parlant de son éloignement momentané comme d'une affaire de discipline intérieure, menant beau train, et, pour ne citer que ce seul fait, scandalisant jusqu'aux Romains par ses ébats publics avec la connétable Colonna, qui avait abandonné pour lui le vilain cardinal Chigi6. En vérité, il est bien difficile de voir l'empoisonneur de. Madame dans ce gai et fringant chevalier qui, au bout de seize mois,