‹ Memoires de Saint-Simon (volume 3)Chapitre 6 sur 548 · A t'ont 33 ons est ajouté en interligne · texte numérisé non relu

A t'ont 33 ons est ajouté en interligne

4. Nous avons déjà vu (tome V, p. 332, note 6) que Barbezieux avait conservé l'installation de son père dans l'ancienne Surintendance des bâtiments, beaucoup plus grande que le logement des secrétaires d'État : Dussieux, le Château de Versailles, tome II, p. 417, et récit de la mort de Louvois par son tils, reproduit par M. Bousset, tome IV, p. 498, puis par Fr. Bavaisson, Archives de la Bastille, tome VII, p. 139-140. Avant Lnuvois, Colbert y avait habité, et la Dauphine y avait fait ses couches en 168-2. Là aussi devait mourir, en 1723, le cardinal Dubois.

5. Comparez le portrait qui va suivre avec la notice favorable, mais sans valeur, que J. d'Auvigny a consacrée à Barbezieux dans ses Vies des hommes illustres de la France, tome VI, p. 175-181.

° Ses amis, nous l'avons vu, voulaient le faire entrer au Conseil. Mme de Maintenon exprime cela en termes tout semblables à ceux qu'a employés notre auteur dans ses Additions à Dangeau.

agréable, fort mâle, avec un visage1 gracieux et aimable, et une physionomie forte2 ; beaucoup d'esprit, de pénétration, d'activité ; de la justesse, et une facilité incroyable au travail, sur laquelle il se reposoit pour prendre ses plaisirs, et en faisoit plus et mieux en deux heures qu'un autre en un jour3. Toute sa personne, son langage, ses manières, et son énonciation aisée, juste, choisie, mais naturelle, avec de la force1 et de l'éloquence, tout en étoit gracieux. Personne n'avoit autant l'air du monde, les manières d'un grand seigneur tel qu'il eût bien5 voulu être, les façons les plus polies, et, quand il lui plaisoit, les plus respectueuses, la galanterie la plus naturelle et la plus fine, et des grâces répandues6 partout. Aussi, quand il vouloit plaire, il charmoit, et, quand il obligeoit, c'étoit au triple de qui que ce fût par les manières. Nul homme ne rapportoit mieux une affaire, ni ne possédoit plus pleinement tous les détails, ni ne les manioit plus aisé-

1. Avant visage, il a biffé les premières lettres de ce mot, surchargées en gr. Gracieux et est en interligne, au-dessus de masle et, biffé.

2. Mignard a peint de lui, en 1691, un portrait qui fut gravé par Vermeulen en format in-folio maximo. Des commentateurs de la Bruyère ont voulu, d'après la description physique que nous avons ici, reconnaître Barbezieux dans le Giton des Caractères (tome I, p. 212 et 507): « Le teint frais, le visage plein et les joues pendantes, l'œil fixe et assuré, les épaules larges, l'estomac haut, la démarche ferme et délibérée.... » Mais le reste du personnage ne concorde nullement.

3. C'est sans doute cette facilité qui avait décidé Louvois à le prendre pour successeur au lieu de son frère : voyez VHistoire de Louvois, par M. Rousset, tome 111, p. 481-485; mais on sait que, pendant les premiers temps, Louis XIV ne se servit guère de lui que comme d'un expéditionnaire, pour écrire sous sa dictée : Journal de Dangeau, tome 111, p. 387, et Œuvres de Louis XIV, tome III, p. 14. Il avait eu pour gouverneur un gentilhomme nommé Valcroissant, dont il est parlé plusieurs fois par Mmes de Sévigné, de Grignan et de Scudéry, probablement le même qui avait tenté de faire évader Foucquet en 1670, et que Louvois fit gracier d'abord, puis nommer inspecteur.

4. Force corrige forte, et, cinq mots plus loin, en est en interligne.

5. Bien est en interligne, et, ensuite, avant estre, il y a une /' biffée.

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