Tome X, p. 362 et suivantes
3. La mère, Suzanne Garnier, ayant passé pour galante, on prétendait que c'avait été une des passades du Roi, qui, pour ce motif, avait montré le même empressement à marier la fille aînée.
4. Paqueter, dans ce sens, que nous retrouverons, n'est pas expédier quelqu'un, ainsi que l'a dit Littré, mais l'emmailloter comme un enfant (voyez l'Addition à Dangeau, tome XVI, p. 175). le mettre en paquet, et le réduire à ne plus faire résistance. Saint-Simon écrit : pacqueter.
5. La copie du contrat de mariage, des 2 et 4 juillet, est dans le registre des Insinuations de 1680 coté Y 239, fol. 376 v°. Les parents de l'épousée lui donnaient une rente de sept mille cinq cents livres par an et
qu'il perdit six mois après, et avec lui tout le frein qui pouvoit le retenir1.
G'étoit un homme pétillant d'esprit, mais de cet esprit de saillies, de plaisanterie, de légèreté et de bons mots, sans la moindre solidité, sans aucun sens, sans aucune conduite, qui se jeta dans la crapule et dans les plus infâmes débauches, où il se ruina dans une continuelle et profonde obscurité2. Sa femme devint l'objet des regrets d'un mauvais mariage fait contre son goût et son gré, dont elle n'étoit pas cause ; elle passa sa vie le plus souvent sans pain et sans habits, et souvent encore parmi les plus fâcheux traitements, que sa vertu, sa douceur et sa patience ne purent adoucir. Heureusement pour elle, elle trouva des amies qui la secoururent, et, sans la maréchale de Chamilly, elle seroit morte souvent de toutes sortes de besoins. Elle persuada enfin une séparation au duc de Brancas, qui, pour y parvenir solidement3, et de complot fait, battit sa femme et la chassa à coups de pieds devant Mme de Chamilly, d'autres témoins et tous les valets, qui4 l'emmena chez elle, où elle la garda longtemps. De pain, elle en eut comme point par la séparation, parce qu'il ne se trouva pas où en prendre. Elle en étoit là depuis plusieurs années, quand, pour son pain, elle se mit à Madame, et encore chargée d'enfants5, dont son mari se mettoit fort peu en peine. Madame, qui s'entrouvoit fort honorée, la traita jusqu'à. sa mort avec beaucoup d'égards et de distinctions, et elle se fît aimer et considérer à la cour par sa douceur et sa vertu6.
dix mille livres comptant, avec le logement pendant quatre ans et la moitié à venir de leur succession.
1. Les Mémoires reviendront sur ces Brancas et sur leur famille.
2. Les généalogies de Guillard disent, {Cabinet historique, tome IV, lre partie, p. 187-188) « qu'il a toujours vécu dans le désordre et est le plus débauché de tous les hommes. »