D'une corrige de s[on
6. Le 22 mai, selon le registre paroissial des Célestins de Vichy. V oyez Dangeau, p. 199 ; Sourches, p. 96 ; le Mercure, p. 359-366 ; les Mémoires sur Mme de Maintenon, par la Beaumelle, livre VIII, chap. vm, etc. Les lettres que Mme de Maintenon adressa au comte d'Ayen, gendre du défunt, montrent qu'elle ne resta pas longtemps sur la première émotion de cette mort, quoi qu'en dit alors Mme de Coulanges (Lettres de Mme de Sévigné, tome X, p. 488). « Mon frère est mort à Vichy le 22 de ce mois, écrivait-elle ; c'est une consolation pour moi de
vue par ce Madot prêtre de Saint-Sulpice, qui en fut bientôt après récompensé d'un bon évêché1. Je ne dirai rien ici de ce M. d'Aubigné, parce que j'en2 ai parlé suffisamment ailleurs3. Le Roi, qui haïssoit tout ce qui étoit lugubre, ne voulut pas que Mme de Maintenon drapât comme on faisoit encore alors pour les frères et les sœurs, non pas même que ses valets de chambre ni ses femmes fussent vêtus de noir, et elle-même en porta un deuil fort léger et fort court4. Il ne vaqua, par cette mort, qu'un collier de l'Ordre5, et le gouvernement de Berry,
pouvoir le recommander à vos prières, et de vous conjurer de lui en procurer. On me mande qu'il a eu de grands sentiments de piété : j'espère que Dieu lui aura fait miséricorde. La comtesse d'Ayen, que j'ai vue un moment ce matin, m'en a paru fort touchée. Mme de Noailles l'a emmenée à Paris pour voir sa mère. On ne peut trop tôt finir ces scènes-là, qui sont inutiles aux morts et à charge aux vivants.... » Et le 9 juin : « J'ai pleuré M. d'Aubigné. Il étoit mon frère, et il m'aimoit fort. Il étoit bon dans le fond; mais il avoit vécu dans de si grands désordres, que je puis dire qu'il ne m'a donné de joie que dans la manière dont il est mort. C'est un des grands exemples de la bonté et de la miséricorde de Dieu. 11 a tenu des discours très édifiants, et qui partoient de son cœur. Vous savez qu'il n'étoit pas grand parleur. Mme la comtesse d'Ayen a paru véritablement affligée, sans rien exagérer. Il faut louer Dieu de tout.... » (Recueil Lavallée, tome V, p. 496-197 et 499-200; recueil Geffroy, tome II, p. 47-48.)
\. Tome IV, p. 300. Voyez les lettres de Mme de Maintenon à Madot, sur la maladie, la mort et la succession de son pénitent, publiées dans le recueil de Lavallée, tome V, p. 487-494, 493-494, etc. Au commencement de 4705, elle lui fit donner l'évêché de Belley, qui ne valait que quatre à cinq mille livres (Dangeau, tome X, p. 242). C'est lui qui s'était chargé de rompre les relations entre M. d'Aubigné et Mme Ulrich, sa dernière maîtresse. Il était le confesseur de Monsieur de Noyon et avait des relations avec Bossuet.