Déjà dit au tome X, p
6. Ceci a été raconté plus longuement et plus clairement en 1696, à propos de Mme de Castries : tome III, p. 325-331.
mon, quelque vie au cardinal et quelque mesure à Bâville, qui n'en fut pas longtemps la dupe. Le cardinal, qui se la vit de l'appui qu'il avoit espéré, tomba peu à peu en vapeurs, qui dégénérèrent en épilepsie, et qui lui attaquèrent la tête. La tristesse l'accabla, la mémoire se confondit, les accès redoublèrent1. Le dernier voyage qu'il fit à la cour, ce n'étoit plus lui en rien ; il étoit même singulièrement rapetissé2, et, quelque part qu'il allât, même chez le Roi, il étoit toujours suivi par son médecin et son
1. En octobre 1693, une attaque d'apoplexie, qui était la troisième, survint, du fait de trois pintes d'eau de Bourbon qui lui étaient restées dans le corps, au dire des Mémoires de Sourches, tome IV, p. 282, et il ne parut plus à la cour que dans les étés de 1696, 1697 et 1698 (Dangeau, tomes V, p. 416, 422 et 476, et VI, p. 119 et 186; Sourches, tome V, p. 147 et 351 ; Mercure de mai 1698, p. 282-283). On le dispensa de se rendre au conclave de 1699, et il passa l'été aux eaux de Bourbon. Par la correspondance de Mme de Maintenon (recueil Geffroy, tome I, p. 327), on voit que, en novembre 1700, il réclamait instamment un coadjuteur. A cette époque, deux nouveaux accidents, pendant la session des états à Montpellier, le « mirent à la dernière extrémité » (Dangeau, tome VII, p. 451 ; livre cité de M. Monin, p. 409). A en croire la lettre xni de Mme Dunoyer, l'évêque de la ville profita de l'occasion pour tirer du cardinal une espèce d'amende honorable et la promesse de rompre entièrement avec Mme de Ganges. Celle-ci en sut mauvais gré au cardinal, et la rupture fut effective; mais le cardinal, dit la lettre en question, fut fâché de ce divorce : « La tendresse qu'il a eue pour cette dame-là est usée par un commerce de longues années, et ses indispositions lui donnent des pensées plus sérieuses. Son horoscope, je ne sais par quel hasard, s'est trouvée (sic) juste en tous ses chefs : ce cardinal a été attaqué dès sa soixante-troisième année d'une apoplexie de laquelle il ne se seroit point tiré, si, se souvenant de ce que cet homme lui avoit prédit (de prendre garde à son année climatérique), il n'avoit eu la précaution, dès qu'il en fut temps, de se faire veiller toutes les nuits.... Ces daines y ont pris beaucoup de part; mais, ayant eu soin de remplir leurs coffres, elles se consoleront aisément de tout ce qui en pourra arriver. » Le Mercure d'août (p. 151-190) donne de longs détails sur la maladie et la mort.
2. C'est en juillet 1697 qu'on avait remarqué que la déchéance du corps était aussi complète que celle de l'esprit, « car, par un effet extraordinaire de ses maladies, il étoit devenu plus petit de quatre doigts » (Sourches, tome V, p. 296 et note 4.)
confesseur, qui passoit pour un aumônier1 II mourut bientôt après son retour en Languedoc, consommé par Bâ ville, devenu tyran de la province".
Le duc de la Ferté mourut aussi cet été3, d'hydropisie, Mort du duc à quarante-sept-ans4. Sa valeur l'avoit avancé de bonne rÂ?, \igHp9^ heure; il avoit toujours servi, il5 étoit devenu très bon officier général, et faisoit espérer qu'il ne seroit pas moins bon à la tète d'une armée que le maréchal son père6. 11 avoit beaucoup d'esprit, ou plutôt d'imagination ou de saillies; gai, plaisant, excellent convive; mais le vin et la crapule le perdirent après en avoir bien tué à table7. Le