‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 227 sur 556 · Le manuscrit porte : ce cestoit · texte numérisé non relu

Le manuscrit porte : ce cestoit

3. Pendant qu'il était à Stockholm, il fut fait conseiller d'État ordinaire, le 17 août 1695 : Arch. nat., 01 39, fol. 159.

4. Bien des contemporains parlent de son affectation à porter le costume d'homme d'épée en pays étranger, et même à le conserver lorsqu'il rentrait en France. Voyez notamment le recueil de Tallemant conservé à la bibliothèque de la Rochelle, ms. 673, fol. 170 v°. Courlin et Barrillon en faisaient autant selon le Chansonnier, ms. Fr. 12 687, p. 369-370. Notre auteur y reviendra plus loin, p. 348, et en 1712.

5. Mémoires militaires, p. 641 ; Mercure de juin, p. 419-430, de juillet, p. 331-351 et 384-387, et d'août, p. 373-379.

6. Depuis le départ du prince, Vauban avait de fréquentes conférences avec le Roi, et il montra le môme désintéressement que pour Kehl.

7. Dangeau, p. 272-291, et Sourches, p. 155-176, passim; Gazette, p. 417; Mémoires militaires, p. 421-459.

8. Dès le mois de juin, Villars eût désiré qu'on entreprît ce siège: mais ni Vauban, ni Chatnlay, ni Tallard ne le voulurent.

hommes de sa garnison et soixante canonniers. Tous deux, en furent les dupes, et Brisach se trouva investi le soir. 11 tint jusqu'au 6 septembre1, et Denonville, fils d'un des sous-gouverneurs des trois princes2, en apporta la nouvelle, et Mimeure3 la capitulation. La garnison, qui étoit

1. Gazette, p. 456 et 462-466; Gazette d" Amsterdam, n09 lxxvi-lxxix; Gazette de Bruxelles, p. 556-631 ; journal du siège, dans le volume supplémentaire de novembre du Mercure; pièces imprimées du temps, estampes de la collection Hennin (nos 6818, 6819, 6854-6857 et 6860), tableau de Franklin au musée de Versailles, n° 165, et médaille de [Histoire métallique; chansons, dans le Nouveau siècle de Louis XIV, tome III, p. 124. Les historiens de Vauban, Allent et M. G. Michel, ont raconté ce siège, le dernier que fit le maréchal, mais que la mauvaise défense rendit peu glorieux pour lui, quoiqu'il eût manqué d'y être tué. 11 écrivit à son amie Mme de Ferriol que le succès était dû au Rhin, qui avait fait des îles là où il n'en fallait point, et aux fautes des assiégés, aussi bien, pour le moins, qu'à l'intelligence des assiégeants (Catalogue des autographes de M. Monmerqué, 1884, n° 152).

2. Le père, Jacques René de Brissay, marquis de Denonville en Beaucc et d'Avènc au Maine, nommé colonel des dragons de la Reine en 1675, brigadier de dragons en 1683, gouverneur et lieutenant général de la Nouvelle-France de 1685 à 1689, fait sous-gouverneur du duc de Bourgogne le 20 septembre 1689, maréchal de camp en mars 1690, mourra retiré à la campagne, le 24 septembre 1710, à l'âge de soixante-treize ans. Le fils, Pierre-René, comte de Denonville, né en décembre 1675, d'abord capitaine dans le régiment du Roi, avait été fait colonel d'infanterie en novembre 1695, aide de camp du duc de Bourgogne en 1698, 1701 et 1702, et avait apporté la nouvelle de l'affaire de Nimègue dans cette dernière campagne. Sa course de 1703 lui valut le régiment Royal en novembre, puis le grade de brigadier en février 1704; mais, au mois d'août suivant, sa mauvaise défense de Crémone lui attira une disgrâce dont il ne revint jamais. Il mourut en octobre 1746, ayant eu la lieutenance générale du pays Chartrain en 1717. 11 avait épousé en 1697 une fille du valet de chambre Quantin de la Vienne.

3. Avant Minicar, Saint-Simon a ajouté et en interligne, et, après le nom, il a biffé apporta. — Jacques-Louis Valon, chevalier puis marquis de Mimeure (érection d'avril 1697), né à Dijon en 1659, présenté au Roi le 20 novembre 1668 comme un enfant prodige pour ses connaissances en histoire (Gazette, p. 1239), et admis peu après dans les pages d'honneur du Dauphin, était resté à son service comme gentilhomme, mais avait été compris dans la disgrâce des jeunes amis des princes en juin 1682 (Sou relies, tome I, p. III), et mal vu pour longtemps. Dans la

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de quatre mille hommes, étoit1 encore de trois mille cinq cents, qui sortirent par la brèche avec les honneurs de la guerre, et furent conduits à Rheinfels2. La défense fut médiocre3. Mgr le duc de Bourgogne s'acquit beaucoup d'honneur par son application, son assiduité aux travaux, avec une valeur simple et naturelle qui n'affecte rien, et qui va partout où il convient et où4 il y a à voir, à ordonner, à apprendre, et qui ne s'aperçoit pas du danger. Marcin, qui prenoit jour de lieutenant général, mais que5 le Roi avoit attaché à sa personne pour cette campagne6, lui faisoit souvent là-dessus des représentations inutiles7. La libéralité, le soin des blessés, l'affabilité, et sa mesure suivant l'état des personnes et leur mérite8, lui acquirent les cœurs de toute l'armée9. Il la quitta à regret, sur les ordres réitérés du Roi, pour retourner en poste à la cour, où il arriva le 22 septembre, à Fontainebleau10. On s'étoit

guerre suivante, il servit d'abord comme volontaire au régiment du Roi, puis acheta très avantageusement la sous-lieutenance des gendarmes anglais en mai 1689, eut le rang de mestre de camp en mai 1693, quitta les gendarmes à la fin de 1699, et suivit le duc de Bourgogne, comme aide de camp," en 170°2. Fait brigadier en 1704, maréchal de camp en 1709, il manqua aller à Constantinople, comme ambassadeur, à la fin de 1715, passa lieutenant général en mars 1718, et mourut à Auxonne le 3 mars 1719. Comme amateur et protecteur de la poésie française et latine, Boileau le fit entrer à l'Académie française le 1er décembre 1707, et il fut un des premiers correspondants de Voltaire.

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