Mérité corrigé en mérite
9. Comparez ci-après, p. 536, une lettre du duc de Beauvillier, et voyez le Dangeau, p. 300, ou la Gazelle, p. 441, 442, 453, 456, 462-466.
10. Dam/eau, p. 292, 298 et 299; Sourches, p. 183; Gazelle, p. 478.
aux allies.
bien gardé de lui laisser entrevoir que la campagne n'étoit pas finie : le projet du maréchal de Tallard auroit été embarrassé de sa personne, depuis que l'exemple du Roi a borné ces premières têtes de l'Etat à des sièges et à des campements exempts des hasards des batailles1. Le Portugal Le Portugal nous avoit manqué, ou plutôt nous avions
se ]°™1 manqué au Portugal, avec qui on ne put exécuter ce qu'on lui avoit promis de forces navales pour le mettre à couvert2 de celles des Anglois3. Le duc de Cadaval, le plus grand seigneur et le plus accrédité du Conseil du roi de Portugal4, F avoit fait conclure5. L'exécution en étoit d'autant plus essentielle, qu'il étoit clair que les Portugais ne pouvoient point se défendre par leurs propres forces d'ouvrir leurs portes aux flottes ennemies6. Il ne l'étoit pas moins que l'Espagne ne pouvoit être attaquée que par le côté du Portugal, et que l'Archiduc ne pouvoit mettre pied à terre ailleurs pour y porter la guerre. Rien n'étoit donc plus principal que de garder contre lui cette unique
1. Dangeau raconte, à la date du 22 novembre (p. 356) : « Mgr le duc de Bourgogne nous a marqué une grande affliction de n'avoir point été au siège de Landau et à la bataille; et, après cela, il a fait une réflexion, que, s'il eût été dans l'armée, M. Tallard auroit peut-être balancé à donner la bataille, et qu'ainsi il croyoit qu'il valoit mieux pour le bien de l'État qu'il n'y eût point été, et que l'intérêt de sa gloire particulière devoit céder à la gloire du Roi et à l'honneur de la nation. » Le duc de Bcauvillier écrivit à Louville, le 9 octobre, que le prince n'avait pu obtenir de retourner en Alsace.