Avoir est eu interligne. — 2. Ou surcharge et
3. Des traités furent signés, les 16 mai, 6 août et 25 octobre, à Lisbonne, la Haye et Turin; Instructions aux ambassadeurs en Portugal, p. xli, 225-227 et 230-231 ; papiers du P. Léonard, Arch. nat. K 1333, n° 23; Dangeau, p. 235, 238 et 246; Sourches, p. 124, 131 et 139: Gazette, p. 365 et 542; Gazette d'Amsterdam, n° xlvii; xve lettre d'un Suisse, dans les Lettres, mémoires et actes concernant la guerre présente (1703), p. 92 et suivantes; recueil de Lamberty, p. 501-509; Corps diplomatique, tome VIII, l'e partie, p. 127. L'archiduc promettait de céder une partie de l'Estramadure et de la Galice, le Rio-de-la-Plata en Amérique, etc. Les autres conditions paraissaient, à bon droit, d'exécution très difficile, comme subsides de troupes, de vaisseaux, etc., et le bruit se répandit bientôt que les Portugais en étaient aux regrets (Dangeau, p. 238 et 270). En août, les alliés adressèrent aux Espagnols un manifeste que l&Gazette d'Amsterdam publia dans son n° lxxxix.
4. Dangeau, p. 262, 271, 273, 278, 284, 299 et 302-303, août et septembre; Sourches, p. 144, 153, 155, 165, 178, 191 ; Mémoires militaires, p. 210 et 224; Arch. nat., K 1327, nos 21-24, 35, 38, etc. Nous avons vu, dès le début de la guerre, quels soupçons avaient éveillés l'attitude de Victor-Amédée et le souvenir de sa conduite en 1690. Louville était des plus ardents à le dénoncer comme un traître indigne et bon à écraser au plus tôt. Les gazettes étrangères affirmaient chaque jour qu'il négociait avec nos ennemis, particulièrement avec l'Angleterre, et qu'on lui offrait, pour le gagner, un titre de roi de Lombardie. Voyez ce que Feuquière dit des motifs que ce prince avait pour manquer toujours à
lypeaux, ambassadeur du Roi auprès de lui, qui avoit le nez fin1, en avertit longtemps sans qu'on voulût le croire2. Les traités, la double alliance, les anciens mécontentements sur le dédommagement du Montferrat3, la ferme opinion de Vaudémont, qui se gardoit bien de mander ce qu'il en pensoit, la duperie et la confiance si ordinaire de Vendôme'*, tout cela rassuroit. Mme de Maintenon ne pouvoit croire coupable le père de Mme la duchesse de Bourgogne; Chamillart, séduit par les deux généraux,
ses engagements (Mémoires, tome II, p. 68-69), et comparez, dans notre tome IX, p. 400, ce que le gazetier Gueudeville en écrivait dès -1701.
1. Locution empruntée au vocabulaire de la vénerie. « On dit figurément qu'un homme a bon nez pour dire qu'il a de la sagacité, qu'il prévoit les choses de loin » (Académie, 1718).
2. La correspondance de Phélypeaux est au Dépôt des Affaires étrangères, vol. Turin 112.
3. Ce marquisat, enclavé entre le Piémont, le Milanais et Gênes, était toujours réclamé par les ducs de Savoie, comme ayants droit d'Yolande de Montferrat (1330) : d'où la guerre qui avait éclaté en 1613, après la mort du duc de Mantoue, possesseur du marquisat, et qui ne s'était terminée que par le traité de Cherasco, conclu le 6 avril 1631, sur l'arbitrage du pape, représenté par Mazarin. La Savoie n'avait eu alors que la portion de pays située en deçà du Pô et au delà du ïevere, le reste demeurant au duc de Mantoue. Voyez les Mémoires de Pomponne, tome I, p. 102-106 et 127, et les pièces diverses conservées aux archives nationales, K 1325, ncs 8-26, et 1327, n° 8. — L'Empereur va promettre le marquisat entier à son nouvel allié, en dépit des droits, généralement reconnus meilleurs, du duc de Lorraine et de la princesse de Condé. C'est aussi sur ce point que Louis XIV essaiera de ramener Victor-Amédée, dans les derniers temps.
4. Quoique la cour, sans encore croire absolument aux projets de noire trahison, les eût dénoncés à M. de Vendôme dès la fin du mois de juin, et que l'affaire de Barbczières l'eût fort irrité (ci-dessus, p. 73, note 4), il ne se rendit à l'évidence qu'en septembre, le Roi l'ayant alors instruit complètement (Mémoires militaires, p. 228-229, 262, 267, etc.); et cependant nous avons eu, dès le commencement de 1702 (tome X, p. 481), une lettre où il disait très catégoriquement, pour l'édification de Louis XIV : « M. de Savoie est un allié nécessaire; mais il faut convenir, en môme temps, qu'on doit être assez incertain de sa bonne foi, pour ne pas dire qu'on devroit être sûr de sa mauvaise volonté, et j'oserois gager sur ma vie qu'il tournera casaque au Roi. •>
étoit de plus entraîné par elle, et le Roi ne voyoit que par leurs yeux. À la fin, mais trop tard, ils s'ouvrirent; mais, avant de raconter le périlleux remède auquel, pour avoir trop attendu à croire, on fut forcé d'avoir recours1, il faut voir2 l'entier changement de scène qui arriva en Espagne, et y reprendre les choses de plus haut.
Si on se souvient de ce que j'ai dit p. 281 3 de la prin- changement cesse des Ursins, lorsqu'elle fut choisie pour être cama- entier
1 r en Kspagne.
rera-mayor de la reine d'Espagne à son mariage, et depuis vues
lors de l'apparente régence de cette princesse pendant de,la Pnncesse
11 ° . * l des Ursins.
le voyage du roi son mari en Italie*, on verra que Routes qui Mme des Ursins vouloit régner. Elle n'y pouvoit atteindre ,a conduisirent qu'en donnant à la reine le goût des affaires et le désir en Espagne d'y dominer, et se servir du tempérament de Philippe V et des grâces de son épouse pour un partage du sceptre, qui, en laissant l'extérieur au roi, en feroit passer la puissance à la reine, c'est-à-dire à elle-même, qui la gouverneroit3, et par elle le roi et sa monarchie. Un si grand projet avoit un besoin indispensable d'être appuyé du Roi, qui, dans ces commencements surtout, ne gouvernoit pas moins la cour d'Espagne que la sienne propre, avec l'entière influence sur les affaires. Dans ce vaste dessin, conçu princesse dès qu'elle eut joint et reconnu le roi et la reine, elle dets Ursins acheva de gagner son esprit, qu'elle avoit ménagé pendant de
le voyage de Provence à Rarcelone6, par lui faire peur la reine des dames espagnoles : à quoi ne lui servit pas peu l'incartade des dames du palais au souper du jour du mariage, et celle de la reine qui la suivit7. Elle crut n'avoir de ressource qu'en Mme des Ursins : elle s'y livra