Ibidem, p
d'Espagne.
Caractère toute entière. Cette princesse n'avoit pas1 été moins soij . gneusement élevée que Mme la duchesse de Bourgogne, ni
d'Espagne. moins bien instruite. Elle se trouva née avec de l'esprit, ; et, dans cette première jeunesse, avec un bon esprit, sage, ferme, suivi, capable de conseil et de contrainte, et qui, déployé et plus formé dans les suites, montra une constance et un courage que la douceur et les grâces naturelles de ce même esprit relevèrent infiniment2. A tout ce que j'en ai ouï dire en France, et surtout en Espagne, elle avoit tout ce qu'il falloit pour être adorée : aussi en devint-elle la divinité. L'affection des Espagnols qui, seule et plus d'une fois, a conservé la couronne à Philippe V, fut, en la plus grande partie, due3 à cette reine, dont ils sont encore idolâtres, dont ils ne se souviennent encore qu'avec larmes, je dis seigneurs, dames, militaire, peuple, et où, après tant d'années qu'ils l'ont perdue, ils ne se
4. Avant pas, Saint-Simon a biffé nn second n'avoit, dont le commencement est surchagé d'un p.
2. Il l'a déjà dite très gracieuse et prévenante (tome X, p. 178)- C'était, selon Mme des Ursins (recueil de 1806, tome VI, p. 11), un « prodige d'esprit et de raison. » Voyez son portrait par le duc de Gramont, en 1704, dans la Princesse des Ursins, de feu M. Combes, p. 80- 81, et d'autres dans les Mémoires de Noailles, p. 99, dans les Lettres de Mme des Ursins à Mme de Maintenon, recueil de 1826, tome III, p. 341-392-393, 441-442 et 450, dans les Lettres de Tessé publiées par M. le comte de Rambuteau, p. 196-197 et 211, dans le Philippe V de M. Alfred Baudrillart, tome I, p. 87 et 99, etc. Une lettre enjouée à la maréchal de Noailles, qu'elle invitait à venir amuser la cour (Cabinet historique, tome XVII, p. 176-177), donne la mesure de sa propre gaieté. Comparez celle qui a été insérée dans notre tome IX, p. 410, et la lettre de la reine au roi donnée dans notre tome X, p. 528; voyez aussi une lettre de Mme des Ursins à Mme de Maintenon, dans le recueil de 1826, tome IV, p. 315. La Beaumelle a publié (édit. 1789, tome XIV, p. 205) un portrait de la reine adressé à Mme de Maintenon ; mais il émane d'une personne tout autre que Mme de Saint-Simon, quoique intercalé dans une lettre de celle-ci. Louvillc, en revanche, la peignait, en 1703, fausse, avare, malfaisante, dissimulée à l'excès, d'une présomption et d'une ambition démesurées : ci-après, p. 526.