‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 240 sur 556 · tome II, p. 97-99) qu'après l'avoir abrégée et dénaturée · texte numérisé non relu

tome II, p. 97-99) qu'après l'avoir abrégée et dénaturée

4. Cette passion exclusive fit croire, dans les premiers temps, à un dédain général de toutes les femmes : voyez des vers publiés dans le Mercure de juin 1704, p. 116-124.

5. La junte avait été dissoute par le roi dès son retour (Mercure de janvier, p. 285-288), et, selon l'habitude, le secrétaire du despacho

Junlo

ou

despacho

devenu

ridicule;

discrédit des

deux

cardinaux,

et leur conduite.

pour sa camarera-mayor passa bientôt par elle au roi, qui ne cherchent qu'à lui plaire. Bientôt la junte devint une représentation : tout se portoit en particulier au roi, ordinairement devant la reine, qui l ne décidoit rien sur-lechamp, et qui prenoit son parti entre elle et la princesse des Ursins. Cette conduite ne fut point contredite par notre cour. Les cardinaux d'Estrées et Portocarrero eurent beau s'en plaindre et s'y appuyer de nos ministres : Mme de Maintenon se moquoit d'eux, et le Roi croyoit d'une profonde politique d'accréditer la reine de plus en plus, dans* la pensée, que l'intérêt personnel de Mme de Maintenon3 lui inspiroit, et dans laquelle elle l'affermissoit sans cesse, de gouverner le roi son petit-fils par la reine plus sûrement que par tout autre canal. Les anciennes et si intimes liaisons de Mme des Ursins avec les deux cardinaux, sur lesquelles notre cour avoit si principalement compté1, cédèrent au désir et à la possibilité de gouverner seule indépendamment d'eux5, et, sûre du roi d'Espagne par la reine, elle ne hésita6 plus à leur montrer son pouvoir. Cette conduite produisit des froideurs et des raccommodements; trop foible pour les chasser, mais résolue à s'en défaire à force de dégoûts, elle ne les leur ménagea qu'autant qu'elle se le crut nécessaire7. Elle essaya d'abord de

universal venait seul rapporter à son maître les résultats du Conseil.

Voyez ci-après, p. 242.

1 . Qui est le roi, et non la reine. — 2. Dans semble surcharger d'u[?ie 3. Mainttenon corrigé en Maintenon. — 4. Tome IX, p. 94.

5. Le roi arrivant, elle avait écrit à Torcy, le 10 janvier : « Voilà, grâce à Dieu, mon ministère, si j'ose me servir de ce terme, glorieusement fini pour la reine. Jusqu'à ce que vous songiez à me retirer d'ici, je me mêlerai beaucoup moins de ce qui ne me regarde pas, et, encore une fois, je ne vous écrirai plus que pour vous assurer, etc. »

6. L Académie de 1718 dit que Y h s'aspire dans hésiter. C'était l'usage pour Corneille, Ménage, Chapelain, etc.

7. Dans une lettre au nonce Gualterio que Gustave Masson a publiée en 1868 [Annuaire-Bulletin de la Société de V Histoire de France, 2e partie, p. 114-115), l'abbé d'Estrées s'exprimait ainsi, à la date du i\ janvier 1703 : « Nous avons essuyé une fière tempête en arrivant. Les

désunir les deux cardinaux pour les détruire l'un par l'autre. Portocarrero, tel que je l'ai dépeint1, et fier du grand personnage qu'il avoit fait au testament de Charles II et depuis sa mort, portoit avec la dernière impatience le partage d'autorité avec l'homme du roi de France élevé à la pourpre comme lui. Estrées, vif, ardent, bouillant, haut à la main2, accoutumé aux grandes affaires et à décider, n'étoit guères moins impatient que l'autre de n'être pas le maître s. Ces bourrasques dégoûtèrent tellement le cardinal

cabales étoient bien disposées, et votre ami Medina-Celi, avec Mme des Ursins, avoit pris des mesures en apparence assez justes pour se rendre maîtres du gouvernement et des affaires. Mme des Ursins devoit tenir le roi et la reine renfermés, pendant que Medina-Celi seroit dans le despacho : ce qu'il croyoit assuré après le refus du cardinal Portocarrero. Par bonheur, la mèche a été découverte, et je ne crois pas que cette conduite soit appréciée à la cour. Je vous demande le secret...; et, croyez-moi, retirez-vous peu à peu du commerce avec Medina-Celi, qui ne peut être ni glorieux ni sûr. » En effet, par la correspondance de Mme des Ursins avec Torcy (lettres des 1er, 3 et 8 février 1703), on voit que la princesse cherchait un arrangement avec Medina-Celi, présenté par les d'Estrées comme le plus hostile de tous à l'influence française dans le despacho, et qu'ils accusaient Mme des Ursins d'agir avec lui dans le même sens. C'est alors que celle-ci écrivait à Torcy : « Si la reine doit gouverner le roi dès à présent, il faut qu'elle ait quelqu'un elle-même qui la gouverne, ou qui puisse au moins lui donner de bons conseils et du courage. Comme je ne crois pas pouvoir résister longtemps dans cet emploi, la chose à quoi vous devez le plus penser, c'est à trouver celle qui remplira ma place. Si j'avois été espagnole, la reine l'auroit été aussi. » Cette lettre a été donnée dans les Mémoires de Noailles, p. 123.

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