‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 245 sur 556 · Avalé est en interligne, au-dessus de pris, biffé · texte numérisé non relu

Avalé est en interligne, au-dessus de pris, biffé

A. C'est le 7 mars que le Roi écrivit à son petit-fils que Mme des Ursins pouvait rester à Madrid, à condition toutefois de vivre en bonne intelligence avec son représentant officiel, et, le 9, il expliqua ses motifs au cardinal d'Estrées. De son côté, Torcv avait chargé l'abbé d'Es-

l'ambassadeur de France, entraves à nos ministres, entraves même à ceux d'Espagne, mystère de tout ce qu'on voulut, et à quiconque on en voulut faire, dégoût complet aux Estrées, qui1 s'étoient flattés de chasser Mme des Ursins, et qui se voyoient supplantés par elle, matière continuelle à délibérations secrètes de Mme de Maintenon avec le Roi, où Harcourt ne se laissoit pas oublier, et qui sacrifia à Mme des Ursins toutes2 ses liaisons avec le cardinal Portocarrero et tout ce qu'il en avoit pu tirer, qui instruisirent la nouvelle amie d'une infinité de choses importantes. Cette trame ourdie dans les plus obscurs réduits de Mme de Maintenon fut longtemps ignorée de nos ministres3; ils ne se réveillèrent tout à fait qu'aux cris redoublés des Estrées, lorsqu'il n'en fut plus temps4. Ils avoient compté sur la protection de Mme de Maintenon, si favorable au

trées de préparer la réconciliation de son oncle avec la camareramayor : il y eut une entrevue et un long entretien entre ces deux personnages le 22 mars. Jusque-là, la princesse, tout en annonçant son départ pour la date fixée et en faisant partout des visites d'adieu, avait entretenu sous main une agitation à son profit, des assemblées parmi les grands, des mémoires circulant parmi les dames de la cour, etc. Voyez sa lettre du 20 mars au nonce Gualterio, publiée par Gustave Masson dans V Annuaire-Bulletin cité, p. 41-1-112, et la lettre de l'abbé d'Estrées, du 3 du même mois, ibidem, p. 115-116. — Le 30 mars, la princesse écrit de sa propre main au Roi que, puisque le roi et la reine la retiennent, comme on leur en a laissé la liberté, à la seule condition de vivre en bons rapports avec ses ennemis, elle restera à son poste, mais qu'elle entend que ce soit sur l'ordre du roi de France, et non à la prière de ses maîtres. Le 29 avril, le Roi lui adressa, en termes très courtois, les assurances qu'elle désirait, et elle répondit, le 17 mai, que sa satisfaction était complète. La Gazette de Bruxelles annonça à ses lecteurs que cette satisfaction était partagée par tout le monde (p. 258). On voit dans la correspondance de Louville, au 34 mars, quels ressorts secrets la reine mit en œuvre pour faire agir son mari.

1. Que corrigé en qui. — 2. Toutte, au singulier, daus le manuscrit.

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