Le commencement de bombe surcharge tom, inachevé
4. L'Académie de 1718 ne donnait élixir qu'au sens propre de quintessence, extrait, substance la plus pure qu'on puisse tirer de certaines choses. Nous avons déjà rencontré « élixir de vanité » (tome VI, p. 234, note 1). Voyez ci-après, p. 333.
5. Nous avons déjà eu un emploi de lèpre au figuré, tome II, p. 401.
Vauban1 s'appeloit lePrestre, petit gentilhomme de Bourgogne tout au plus2, mais peut-être le plus honnête homme et le plus vertueux de son siècle, et, avec la plus grande réputation du plus savant homme dans l'art des sièges et de la fortification, le plus simple, le plus vrai et le plus modeste. G'étoitun homme de médiocre taille, assez trapu, qui avoit fort l'air de guerre, mais en même temps un extérieur rustre et grossier, pour ne pas dire brutal et féroce3. Il n'étoit rien moins : jamais homme plus doux, plus compatissant, plus obligeant, mais respectueux sans nulle politesse, et le plus avare ménager de la vie des hommes4, avec une valeur qui prenoit tout sur soi et
Vauban,
1. Les études abondent sur Vauban, depuis la notice de Fontenelle et l'éloge fait par Carnot pour l'Académie de Dijon, en 1784, jusqu'aux ouvrages ou articles modernes de Camille Rousset et de Pierre Clément, de M. Roy, de M. Georges Michel, du général Ambert, etc. Jal lui a consacré plusieurs pages de son Dictionnaire critique; M. Allaire a parlé de lui aussi au tome II de La Bruyère dans la maison de Condé, p. 306-314. J'ai publié dès 1881 la notice que Saint-Simon lui avait consacrée comme maréchal de France.
2. M. Georges Michel a protesté contre cette appréciation dans son Vauban, p. 2-3. Voyez aussi le Dictionnaire de Jal, p. 1225, le Bulletin de la Société héraldique, année 1887, col. 529-532, les notes publiées par M. le comte de Chastellux dans le Bulletin de la Société d'Avallon, année 1880, p. 48-54, la filiation des collatéraux donnée par P. Potier de Courcy dans son Supplément à Y Histoire généalogique, tome IX, 2e partie, p. 578, et une généalogie conservée aux Archives nationales, dans le carton M 600.
3. Rigaud le peignit, à la fin de sa vie, en 1704, pour le prix de cinq cents livres, et ce portrait fut transporté, en 1779, de Bazoches à Tours, chez le comte de Beaumont, héritier de la petite-fille de Vauban. Il n'est guère probable que ce soit celui qui a été donné en 1886 au Ministère de la guerre, par une dame le Prestre, religieuse à l'hôpital militaire de Caen. Un buste fait par Coysevox est au musée de Versailles, n° 1897. Chacun connaît la belle gravure, en manière noire, exécutée par L. Bernard, d'après une peinture de Fr. de Troy. Dans tous ces portraits, on remarque sur la joue droite l'emplâtre qui dissimulait une blessure reçue au siège de Douay.
4. C'est un des traits les plus caractéristiques chez Vauban. <• J'aimerais mieux avoir conservé cent soldats à Votre Majesté, disait-il,
os MÉMOIRES [4703]
donnoit tout aux autres1. 11 est inconcevable qu'avec tant de droiture et de franchise, incapable de2 se prêter à rien de faux ni de mauvais, il ait pu gagner au point qu'il fit l'amitié et la confiance de Louvois et du Roi3. Ce prince s'étoit ouvert à lui, un an auparavant, de la volonté qu'il avoit de le faire maréchal de France4 : Vauban l'avoit
que d'en avoir ôté mille à l'ennemi. » Voyez les Lettres historiques de Pellisson, tome III, p. 245, 246 et 329, les Œuvres de Racine, tome VII, p. 49, les Lettres de Mme de Sévigné, tome VIII, p. 217, le Journal de Dangeau, tomes III, p. 312, et IV, p. 104, le Vauban de M. Georges Michel, p. 121, 123 et 249-251, etc.
1. Foucault et Fontenelle le qualiliaient de « véritable Romain; » Voltaire l'a appelé « le meilleur des citoyens. » Voici en quels termes les Nouveaux portraits et caractères... de la cour de France publiés en 1703 saluèrent sa promotion (p. 90-91) : « C'est un homme rare par ses lumières naturelles et acquises. Son poste ne fut jamais rempli si dignement. Je doute qu'on puisse trouver un successeur qui lui ressemble. Bon et généreux ami, fidèle à son maître, qu'il sert avec affection. Le voici maréchal de France : digne salaire de ses grands services, efïet de la fortune qui, toute aveugle et toute bizarre qu'elle est, ne laisse pas quelquefois de faire triompher le mérite. » Vingt-huit ans auparavant, Mme de Maintenon écrivait déjà à son frère : « Un bon office de cet homme-là est plus utile que de tous les courtisans » (Correspondance générale, tome I, p. 281).