Monster, dans le manuscrit
2. Les lettres de Mme de Maintenon aux Noailles la montrent très embarrassée entre les deux cabales, désapprouvant l'attitude de MM. d'Estrées, mais n'osant le dire au Roi, et comprenant que Mme des Ursins voulût se dégager (Correspondance générale, tome V, p. 146 [lettre datée à tort de 1702 par la Beaumelle et Lavallée] et p. 184). D'autre part, Mme des Ursins écrivait aussi aux Noailles, en février : « Je ne dois pas fatiguer Mme de Maintenon par des plaintes et des justifications inutiles; j'espère cependant, fondée sur mon innocence opprimée, qu'elle me protégera toujours. » Et en novembre : « Mandez-moi comment je suis avec Mme de Maintenon. Ne dois-je pas regarder M. le cardinal d'Estrées comme mon plus cruel ennemi, quand il ne m'auroit pas fait d'autre mal que de me priver du commerce dont elle vouloit bien m'honorer? » (Recueil Geffroy, p. 137 et 164.)
3. Cette démission de toutes ses charges, y compris le commandement des gardes, fut motivée du mauvais traitement qu'il recevait de son collègue d'Estrées. L'annonce en parut dans l'Extraordinaire xcm de la Gazelle d'Amslerdam.
trouva pas le moindre obstacle à sa retraite1. Don Manuel Arias, gouverneur du conseil de Castille, qui sentit combien ce changement influoit sur son ministère2 et portoit sur sa considération, imita Portocarrero, et se prépara à [se] retirer3 en son archevêché de Séville, pour y attendre en repos la pourpre romaine4, à laquelle le roi d'Espagne l'avoit nommé5. Lou ville eut ordre de revenir, en même temps que le cardinal d'Estrées en reçut la permission6. Le roi d'Espagne en eut quelque légère peine quoiqu'il ne le vît plus en particulier 7 : il lui donna le gouvernement de
4. Da?igeau, p. 310, 3 octobre; Sourches, p. 490, 5 octobre; Gazette de Bruxelles, p. 674. Comparez les Mémoires de Noailles, p. 159.