‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 254 sur 556 · L'initiale majuscule de Ministère corrige une minuscule · texte numérisé non relu

L'initiale majuscule de Ministère corrige une minuscule

3. Après avoir écrit : se retira, puis corrigé retira en retirer, il a écrit en interligne : prépara à, mais a oublié d'ajouter un second se.

4. Pr y est en interligne, au-dessus d'où il, biffé. Ensuite, attendre corrige attendit, et la minuscule de romaine est corrigée en majuscule.

5. Il quitta la présidence du conseil de Castille, mais resta, comme on le verra plus loin, dans une junte composée de lui, du vieux marquis de Mancera et de l'abbé d'Estrées : Dangeau, p. 342 ; Gazette, p. 614; lettre très singulière de Louville, dans les Mémoires de Noailles, p. 92-93. Arias, qui avait été sacré le 28 mai 1702, en remettant alors ses commanderies et pensions de l'ordre de Malte, songeait au cardinalat depuis cette entrée dans l'Église : voyez notre tome VIII, p. 530 et 531, et les Mémoires de Louville, tome I, p. 118-121.

6. Le cardinal partit le 10 octobre, sans prendre congé, voyagea très lentement, en litière, à cause de son état de santé, et n'arriva à Paris que le 6 décembre (Dangeau, p. 363 et 367).

7. Mémoires de Louville, tome I, p. 375-376. Nous voyons depuis 1702 comment son exaltation et ses imprudences lui avaient attiré l'inimitié du duc de Savoie, de sa fille, de Mme de Maintenon, de la princesse des Ursins, de MM. d'Estrées. A Versailles, il était encore battu en brèche par les Villeroy, sur qui il avait compté d'abord, les d'Harcourt et les Noailles; les jansénistes le détestaient, à cause de Quesnel (ci-dessus, p. 118), tout autant que les jésuites; leurs partisans ou amis éloignés, comme la comtesse et le duc de Gramont, Cavoye, d'Harcourt et Mme de Beuvron, Tessé, la reine d'Angleterre, etc., pensaient de même à son endroit, et, depuis 1702, les Beauvillier ne cessaient de répéter qu'il ne pourrait tenir qu'en se faisant le serviteur de la reine, de Mme des Ursins et des d'Estrées. Le prince de Condé lui avait signalé également (lettre du 12 janvier 1703) les orages qui

Courtray, qu'il perdit quelque temps après par la guerre, et une grosse pension, qui ne fut pas longtemps payée1; mais il eut aussi environ cent mille francs, qu'il rapporta, et dont il accommoda ses affaires2. Il eut le bon

s'amoncelaient sur sa tête, et le 5 mars suivant, Mme de Beauvillier lui écrivait : « Je vous dirai sincèrement que Mme des Ursins est extrêmement protégée ici, et plus encore que vous ne le croyez. M. d'Harcourt veut s'assurer d'elle pour ses desseins en Espagne. Dans des pareilles occasions, il faut agir avec prudence : tâchez de ramener la reine, et prenez garde à ne guère parler.... La cabale présente est liée à M. d'Harcourt; il a grande voix au chapitre, et toutes vos propositions ne réussiront pas. Tout cela va mal. » Ce qui étonne ici, c'est que notre auteur omette le voyage que Louville fit en France, avec Orry, pendant le mois de juin; Dangeau l'avait cependant mentionné, et il eut son importance. Voyez une note ci-après, p. 523-524. Au retour, les derniers coups lui furent portés par le P. Daubenton et Orry, à Madrid, par le P. de la Chaise, à Versailles (Baudrillart, Philippe F, tome I, p. 131-133, 165-166, et Revue des Questions historiques, année 1890, tome I, p. 103- 104). Enfin, le 22 octobre, Louville reçut de M. de Beauvillier ces quelques mots : « Il est arrivé ici deux courriers d'Espagne. C'en est fait : nous sommes battus. Le parti est pris ; on vous rappelle à l'instant. » 11 alla prendre congé sur-le-champ, et, pour déguiser la disgrâce, la reine se borna à lui dire : « Hé bien ! Louville, vous nous quittez donc pour vous marier? » (Mémoires secrets, tome II, p. 127-128; la minute ne se retrouve pas dans le recueil appartenant à Mgrd'Hulst.) Sur la salisfaction que ce départ causa à la princesse des Ursins, voyez la lettre de celle-ci au duc d'Harcourt (Académie de Caen, 1862, p. 411 et 427). A entendre la Gazelle d'Amsterdam, Extr. ci, le public s'en montra encore plus heureux que du départ des autres Français dont il va être parlé p. 250. Nous verrons plus loin, p. 314, Louville arriver à Paris.

1. Dangeau dit, à la date du 22 février 1704 (p. 438), que ce gouvernement valait seize mille livres de revenu, en dehors du grand bailliage que l'électeur de Bavière y joignit, et de quatorze cents pistoles de pension du roi d'Espagne. Ajoutons la pension de France dont il a été parlé en 1702, tome X, p. 448. Les Mémoires île Sourches(p. 241) n'évaluent Courtray qu'à douze mille livres, mais portent la pension d'Espagne à vingt-quatre mille livres, celle de France à six mille.

2. Dès le 24 mars, en prévision de sa retraite, il avait demandé à Versailles la permission de se faire donner une indemnité pécuniaire et un gouvernement (lettre au duc de Beauvillier). Torcy ayant envoyé l'autorisation du Roi le 15 avril, M. de Beauvillier, de son côté, écrivit à Philippe V, en grand secret, que les services de Louville méri-

DE SAINT-SJMON.

esprit de n'en rien perdre de sa gaieté1, d'oublier tout ce qu'il avoit été en Espagne2, de vivre avec ses amis, dont il avoit beaucoup, et de considérables, et de s'occuper de ses affaires et de se bâtir très agréablement à Louville3. Ainsi Mme des Ursins et Orry, maîtres de tout, sans contradiction de personne, prirent le plus grand vol d'autorité et de puissance en Espagne qu'on eût vu depuis le duc de Lerme4 et le5 comte-duc d'Olivarès6, et ne se ser-

taient cette récompense (lettre du 28 avril, remise au roi par Louville lui-même, et lettre de Louville, 11 mai). Philippe V s'exécuta, et, comme le gouvernement de Courtray dépendait de l'électeur de Bavière, il le lui demanda par lettres de sa main (Bibl. nat., ms. Nouv. acq. fr. 486, fol. 85 et 87; Mémoires secrets, tome II, p. 32, 88, 100 et 101).

11 avait promis aussi un autre gouvernement pour le frère de Louville et une somme de cinquante mille écus en billets (lettre de Louville à M. de Beauvillier, 3 mai). Louville eût bien préféré rester en Espagne comme commandant des mousquetaires (lettres au duc de Beauvillier,

12 décembre 1702 et 27 janvier 1703). A tout hasard, en février, il s'était muni de nouvelles lettres d'État : Arch. nat., 0*47, fol. 247, 249.

1. Voyez ses protestations de stoïcisme dans la grande lettre du 12 octobre 1702 : tome X, p. 448 et 449.

2. 11 croyait peut-être revenir à Madrid, n'ayant pas été chassé à proprement parler; mais Philippe V eut vite fait de l'oublier.

3. 11 fit cette construction dans le style de l'hôtel bâti pour son ami le duc d'Humières rue de Lille, à côté de l'hôtel de Conti, sur les dessins de l'architecte Molet. Vers 1816, la comtesse du Roure fut forcée de démolir le château, en même temps que de vendre la plus grande partie des terres, et c'est alors qu'elle remit à son fils les papiers qui servirent à celui-ci pour composer les Mémoires secrets, et dont j'ai expliqué le sort actuel. Comme les papiers, Louville appartient actuellement à Mgr d'Hulst, qui nous a si libéralement communiqué la correspondance de son ancêtre.

4. François de Sandoval y Rojas, d'abord écuyer du fils de Philippe II, devint premier ministre sous Philippe III, avec le titre de duc de Lerme, exerça un pouvoir absolu de 1598 à 1618, et fut fait alors cardinal par Paul V. Sa politique était favorable à la France; mais une très mauvaise administration et les résultats néfastes qu'elle amena tirent former contre lui un parti puissant : il fut renversé le 4 octobre 1618, et mourut abandonné de tous, le 17 mai 1625.

5. Duc de Lerme et le a été ajouté après coup, en interligne.

6. Gaspard de Guzman, IIIe comte d'Olivarès, fils d'un général de

Princesse des Ursins

règne

pleinement

avec Orry sous

elle,

.Madrid.

et Aubigny virent de Rivas que comme d'un secrétaire, en attendant par elle. fie \e cnasser comme ils avoient éloigné tous ceux qui a voient eu le plus de part au testament de Charles II. Le peu de François qui étoient au roi d'Espagne1 furent rappelés en même temps, excepté quatre ou cinq qui, de bonne heure, s'étoient attachés à la princesse2 des Ursins, et qui n'avoient jamais été à portée de se mêler de rien, ni vaiouse, de lui donner aucun ombrage3. Tels furent Valouse, qui et sa fortune, étoit ici écuver du duc d'Aniou4, et qui fit dans les suites

La Roche

a l'estampille. une fortune en Espagne jusqu'à devenir premier écuyer Peu du roi et chevalier de la Toison d'or5. Il y6 est mort

de François • , , . . . 1 .

demeurent longues années après, toujours bien avec le roi et avec à tout le monde, et toujours fort en garde de se mêler de

rien. Quelques bas valets intérieurs restèrent aussi avec la Roche, qui eut l'estampille, incapable de faire rien qui pût déplaire à Mme des Ursins7, et Hersent, qui eut l'em-

Philippe II, né à Rome le 6 janvier 1587, gagna par son mariage la confiance de la reine et du roi Philippe III, qui lui donna la grandesse, puis la confiance de l'Infant, et celui-ci, devenu Philippe IV en 4621, fit de lui son premier ministre (valido), avec le titre de duc de San- Lucar. Ses entreprises furent des plus vastes, mais rarement couronnées de succès. En dernier lieu, sa guerre contre la France, malgré les premières victoires de 4636, et la révolution de Portugal finirent par le décourager au point qu'il se considérait comme un homme mort (Gazelle de 4642, p. 939 et 4043). Tombé enfin en janvier 4643, il finit dans une triste retraite, à Toro, le 22 juillet 4645. On l'appelait le comte-duc.

4. Voyez notre tome VII, p. 344-345. — 2. Ici, P., et non P8C.

3. Les trois quarts de la maison française, qui ne coûtait que dixsept mille pistoles par an, furent renvoyés en août, et le valet de chambre Vazet, resté presque seul, put faire le grand seigneur à côté de d'Aubigny (Mémoires de Louville, tome II, p. 93; lettre à M. de Torcy, 40 août). Comme chef de cette maison, Louville n'avait de vrai pouvoir que sur la bouche, et, pour tout le reste, il ne disposait que d'une sorte d'inspection sous la dépendance du duc de Medina-Sidonia.

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