‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 261 sur 556 · Et ce surcharge le Ro[y], effacé du doigt · texte numérisé non relu

Et ce surcharge le Ro[y], effacé du doigt

3. « Le plus riche duc qu'il y ait en France, » dit, en 1699, Ézéchiel Spanheim (Relation, p. 420). On a son portrait gravé par A. Duflos, d'après une peinture de Largillière; une autre peinture, attribuée à Rigaud, était jadis en la possession de feu M. Lebrun, de l'Académie française.

4. Cependant Spanheim le dit (Relation, p. 420) joueur et débauché, et, selon le P. Léonard, il laissa un bâtard, dont sa mère voulut bien se charger. Voyez aussi les Archives de la Bastille, tome XI, p. 7.

5. Voyez notre tome X, p. 264-265. Le jeune duc avait laissé toute sa fortune à sa mère, après qui la maréchale de Villeroy serait appelée à hériter de cent mille écus de rente en terres (Dangeau, p. 327; Sourches, p. 199). Selon une lettre du maréchal en date du 3 novembre (catalogue des autographes vendus par M. Etienne Charavay le 26 mars 1892, n° 146), Mme d'Armagnac songea à contester la validité du testament; voyez aussi le livre du comte de Barthélémy sur la Marquise d'Huxelles, p. 188. Selon les Mémoires de Sourches, le Roi dit à M. de Ganaples que personne ne pouvait lui disputer le nom ni le duché, et il en prit aussitôt le titre. Ce duché, qui lui était substitué, rapportait quinze mille livres.

6. Le 17 octobre : Dangeau, p. 324. Selon la Gazette d'Amsterdam, n° lxxvjii, cette mort était arrivée le 20 du mois précédent, à quatre heures de la nuil. Le Mercure de novembre publia un article nécrolo-

sa cause.

[AddS'-S.m]

connu par son esprit, par ses ouvrages, et par son con- sa disgrâce, stant amour pour Mme Mazarin, qui acheva de le fixer en Angleterre jusqu'à l'extrême vieillesse dans laquelle il y finit ses jours1. Sa disgrâce, moins connue que lui, est une curiosité qui peut trouver place ici. La sienne2 l'avoit conduit aux Pyrénées; il étoit ami particulier du maréchal de Créquy : il lui en écrivit une lettre de détail3 qui lui développa les replis du cœur du cardinal Mazarin, et qui ne fit pas une comparaison avantageuse de la conduite et de la capacité de notre premier ministre avec celles du premier ministre espagnol*. L'esprit et les grâces qui sont répandues5 dans cette lettre en rendent encore les raisonnements plus forts et plus piquants. Don Louis de Haro6 lui en eût fait sa fortune; mais les deux premiers ministres l'ignorèrent jusqu'à leur mort7. Le maréchal de Créquy et Mme du Plessis-Bellière8, les

gique, p. 98-41, ainsi que le Mercure historique et politique d'octobre,

1. Déjà dit à l'occasion de la mort de Mme Mazarin, tome Vl, p. 236. Voyez l'éloge de Saint-Évremond dans les Causes célèbres, éd. 1730, tome XIV, p. 535-544, à la suite de son portrait de Mme Mazarin.

2. Sienne, en interligne, remplace curiosité, biffé. Le lecteur peut croire que c'est « sa disgrâce, » et non « sa curiosité. »

3. Les éditeurs donnèrent ce titre : Lettre écrite au nom d'un étranger, à M. le marquis de Créquy, sur la paix des Pyrénées.

4. Louis de Haro : ci-dessous. Les biographes de Saint-Évremond disent que c'est pour faire sa cour aux représentants du parti de la guerre qu'il s'était exprimé sur l'auteur principal de cette paix eu termes ironiques et satiriques plutôt que sérieux. Gourville, qui se vante d'avoir fait éviter la Bastille à Saint-Évremond en le prévenaut à temps, raconte aussi que la lettre était une plaisanterie sans importance. Voyez ses Mémoires, tome I, p. 210-211, les notes de Gaignières dans le ms. Clairambault 290, p. 513, et quelques pages de feu M. Chéruel, dans le Ministère de Mazarin, tome III, p. 254 et suivantes.

5. Sont semble surcharger rép, inachevé, et répandues corrige répandus, au masculin.

Page 1