‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 263 sur 556 · Bruslée corrigé en brusler · texte numérisé non relu

Bruslée corrigé en brusler

8. Elle fut imprimée pour la première fois, si je ne me trompe, dans la traduction du livre de Gualdo-Priorato sur la paix des Pyrénées, éd. 1664, p. 361-372, puis dans la Vie de Saint-Évremond publiée par Bayle. De nos jours, Jean Macé l'a comprise dans son Saint-Évremond.

censeur. M. Colbert se para de reconnoissance pour son ancien maître, M. le Tellier le seconda; ils piquèrent le Roi sur sa jalousie du gouvernement, et sur ses sentiments d'estime et d'amitié pour la mémoire encore récente de son premier ministre1. Il entra en colère et fit chercher Saint-Évremond partout, qui, averti à temps par ses amis, se cacha si bien, qu'on ne put le trouver. Las enfin d'errer de lieu en lieu et de ne trouver de sûreté nulle part, il se sauva en Angleterre, où il fut bientôt recherché par tout ce qu'il y avoit de plus considérable en esprit, en naissance et en places. Il employa longtemps tous ses amis pour obtenir son pardon : la permission de revenir en France lui fut constamment refusée. Elle lui fut offerte2 vingt ou vingt-cinq ans après, lorsqu'il n'y songeoit plus3. Il avoit eu le temps de se naturaliser à Londres, il étoit fou de Mme Mazarin, il ne se soucioit plus de sa patrie': il ne jugea pas à propos de changer de vie, de société, de climat, à soixante-douze ans5. Il y

1. Voyez les réflexions de Voltaire sur les motifs vrais ou faux de cette persécution d'un caractère singulièrement rétrospectif et intempestif : Siècle de Louis XI V, p. 464. 11 semble que les Créquy voulurent depuis lors indemniser leur ami du tort qui venait en partie de leur fait : Saint-Évremond devint leur pensionnaire ; ils lui constituèrent des rentes, se chargèrent de ses intérêts, etc.

Page 1