Ce détail est pris de la relation de Phélypeaux lui-même
2. Etienne Rossius de Liboy (ici, du Libois), sieur de Jemeppe, baron de Chavagne et de Bossu, natif de Liège, pourvu vers 1686 d'une des vingt-quatre charges de gentilhomme ordinaire, dut prendre des lettres de naturalisation lorsqu'on eut rendu le pays de Luxembourg à l'Espagne, et il les obtint en mai 1701 : Arch. nat., 01 45, fol. 253 v°. Il étoit encore en fonctions en 1722, quand on lui donna une pension de trois mille livres : ibidem, 01 66, p. 177. En 1710, il sera taxé pour agiotage : Dangeau, tome XIII, p. 285. Son père était un bourgmestre de Liège, élevé à Paris par les religieux du Val des-Écoliers, et devenu chanoine en 1691. Un frère était coadjuteur de l'évêque de Liège.
3. Comme Saint-Olon avec M. de Waldstein : ci-dessus, p. 133-134. Liboy avait déjà été placé de même, lors de la rupture de 1690, auprès du marquis de Provana. C'est lui qui, sous la Régence, ira recevoir le Czar à Dunkerque, puis sera chargé de garder M. de Cellamare et de le reconduire jusqu'à la frontière, ainsi qu'il le fit, en avril 1704, pour M. de Vernon.
4. Comme en 1662, pour le nonce Piccolomini (Ch. Gérin, Louis XIV et le Sainl-Siège, tome I, p. 327-328), et en 1688, pour le nonce Ranuzzi (Dangeau, tome II, p. 184 ; Revue des Questions historiques, octobre 1874, p. 411-430).
5. On trouve deux rapports de Liboy à M. de Torcy, 16 novembre et 29 décembre, aux Affaires étrangères, vol. Turin 112, fol. 372 et 382.
6. Galant homme, de beaucoup d'esprit, et même très savant, dira plus tard Dangeau (tome X, p. 50). Le Dépôt des affaires étrangères
En corrige à.
des ambassadeurs
à Turin
et en* France.
Usage de les
faire garder
par un gentilhomme
ordinaire.
\Add. Sf-S. 498]
Phélypeaux.
extrêmement haut et piquant, qui essuya des barbaries f étranges, qui souffrit toutes sortes de manquements1 et d'extrémités, jusque dans sa nourriture, et qui fut menacé plus d'une fois du cachot et de la tête : il ne se déconcerta { jamais, et désola M. de Savoie par sa fermeté, son égalité, et la hauteur de ses réponses, de ses mépris, de ses railleries2. Ce qu'il a écrit, en forme de relation, de cette espèce de prison est un morceau également curieux, Tessé instructif et amusant3. Tessé partit de Fontainebleau4 pour en Dauphiné. auer commander en Dauphiné, entrer en Savoie, et commencer ce surcroît de guerre8.
possède, outre sa correspondance, un recueil analytique de ses négociations de 4700 à 1704, dans le volume Turin (mémoires et documents) 7, et l'on peut y voir tout le détail de ce que notre auteur résume ici, soit sur Turin, soit sur Paris.
1 . L'abréviation a été ajoutée après coup à manquent1*. — C'est plutôt la privation des choses les plus nécessaires, que le manque d'égards.
2. Nous aurons plus de détails à son retour, en 1704 ; ceux-ci sont tirés de la relation indiquée ci-dessous.
3. Il veut sans doute parler du rapport intitulé : Mémoires contenant les intrigues secrètes et malversations du duc de Savoie, avec les rigueurs qu'il a exercées envers M. de Phélypeaux, ambassadeur de France auprès de lui à Turin, que Phélypeaux lui-même rédigea à Antibes, du 15 au 21 mai 1704, et qui fut imprimé à Saint- Jean-de- Maurienne, en 42 pages in-12. L'éditeur des Mémoires de Tessé l'a reproduit intégralement dans son tome II, p. 8-98. Une copie, du temps, recueillie par Monteil, est au Cabinet des manuscrits, ms. Fr. 10734. D'autres imprimés analogues, avec quelques modifications, existent à la Bibliothèque nationale : on les a attribués parfois à un domestique ou secrétaire de l'ambassadeur, plutôt qu'à celui-ci même.