‹ Memoires de Saint-Simon (volume 4)Chapitre 288 sur 556 · Déjà dit au tome VII, p · texte numérisé non relu

Déjà dit au tome VII, p

Surintendante ;

invention

et occasion

de cette charge.

Mme de Navailles1, dont le mari étoit duc à brevet, qui avoit tellement été attaché au cardinal Mazarin, dont il commandoit les chevau-légers, qu'il avoit été son correspondant intime et son homme de la plus grande confiance pendant ses deux absences hors du Royaume2, fut nommée à la place de la maréchale de Guébriant. Elle étoit en Gascogne, dans les terres de son mari, qui ne songeoit à rien moins, et qui n'eut que le temps d'arriver pour le mariage3. Le cardinal Mazarin, qui fit tout pour que le comte de Soissons ne se trouvât pas mal marié à sa nièce*, venoit d'inventer pour elle la charge, jusqu'alors inconnue, de surintendante de la maison de la Reine, et, pour conserver toute préférence à la Reine mère, avec laquelle il avoit toujours été si uni, à5 qui il devoit tout, et que le Roi respectoit si fort, il fit en même temps la princesse de Gonti, son autre nièce, surintendante de sa maison6. Cette dernière, étant princesse du sang, emportoit beaucoup de choses par ce rang; mais sa piété, l'extrême délicatesse de sa santé, son attachement à M. le prince de Gonti7, presque toujours dans son gouvernement de Languedoc, ne lui permettoient guères d'exercer cette charge8. Elle

1. Suzanne de Beaudéan, femme du maréchal : tome VII, p. 20. 3. Tome VII, p. 24-26.

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